Séropositifs : les soins funéraires bientôt autorisés ?

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Séropositifs : les soins funéraires bientôt autorisés ?
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SANTÉ - Un rapport de l'Igas préconise la levée de l'interdiction des soins funéraires pour les séropositifs, en vigueur depuis 1998.

L'info. Les séropositifs vont-ils enfin avoir droit, comme n'importe quel autre citoyen, à des soins funéraires ? C'est en tout cas ce que préconise le Conseil national du sida (CNS), sur la base d'un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale de l'administration (Iga). Saisies par le ministère de la Santé de la question de "l'évolution de la réglementation des soins de conservation" pour les personnes décédées, l'Igas et l'Iga proposent "que le VIH et l'hépatite soient retirés de la liste des maladies pour lesquelles la pratique des soins funéraires est interdite".

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Certains malades privés de soins funéraires. Les soins funéraires, aussi appelés thanatopraxie, permettent de retarder le processus de décomposition et de rendre le corps du défunt plus présentable avant son enterrement. Mais tous les Français ne sont pas égaux face à la mort : depuis l'arrêté du 20 juin 1998, ces soins sont interdits sur les personnes atteintes de la maladie de Creutzfeld-Jakob, sur celles qui présentent un état septique grave, et sur celle atteintes d'hépatites virales B et C, et d'infection à VIH. Une interdiction jugée discriminatoire par l'ensemble des associations de lutte contre le sida.

>> A lire aussi : Un tribune pour autoriser les soins funéraires pour les séropositifs

Une série de rapports pour y mettre fin. Cet interdiction est de plus en plus contestée. Outre le récent rapport de l'Igas, le CNS avait déjà souligné en 2009 "qu'aucun argument scientifique ne peut justifier que soient prises des dispositions dérogatoires au droit commun en matière de soins de conservation sur la seule base de l'infection par le VIH avérée ou supposée de la personne défunte, dès lors que les précautions universelles sont pleinement appliquées". Le Haut Conseil de la santé publique  (HCSP) avait lui aussi recommandé en janvier 2013 une levée "sous conditions" de l'interdiction des soins de corps pour les personnes décédées, infectés par le VIH ou les virus de l'hépatite B ou C.

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