Santé : les délais d'attente pour un spécialiste "vont s'aggraver"

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Une enquête révèle que les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous médical chez un spécialiste s'allongent considérablement depuis cinq ans.

INTERVIEW

On l'entend depuis des années : pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste, c'est souvent la croix et la bannière. Et la situation ne cesse d'empirer. D'après l'enquête lancée par l'IFOP pour le cabinet Jalma, les délais ont explosé ces cinq dernières années.

Quatre mois d'attente pour un ophtalmo. En moyenne, il faut désormais attendre une semaine pour obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste. En cinq ans, le délai a doublé. Pour les spécialistes, le constat est encore plus alarmant. Certains sont devenus quasi-inaccessibles. Pour consulter un ophtalmologue, il faut aujourd'hui compter quatre mois d'attente. C'est plus de deux mois pour un dermatologue ou un gynécologue. Conséquence : ces délais qui s'allongent sont devenus devenus la première raison pour laquelle certains Français renoncent à se soigner.

Des régions plus sinistrées que d'autres. C'est à Paris que les délais d'attente sont les plus courts, puisqu'il y a plus de médecins. À l'inverse, le Nord est plus pénalisé. Pour un rhumatologue, il faut par exemple attendre 20 jours de plus que dans le sud. Le constat est le même pour les cardiologues. La Bretagne est, elle aussi, particulièrement sinistrée. "Les Bretons n'aiment pas les dépassements d’honoraires, et les médecins spécialistes ont du mal à vivre sans. Donc les patients ne consultent plus", constate Mathias Matallah, président du cabinet Jalma, au micro d'Europe 1.

Moins de temps pour les patients. Selon les résultats de l'enquête, il apparaît aussi que les médecins, qui jugent souvent le tarif de la consultation trop bas, s'orientent vers des spécialités rentables, comme l'acupuncture ou la médecine du sport. Par ailleurs, de plus en plus de médecins ne consultent plus à temps plein. "Ils travaillent de moins en moins aux horaires où les personnes peuvent consulter, c'est-à-dire entre 9h et 18h", précise Mathias Matallah.

Une situation qui va empirer. Certaines maladies asymptomatiques, comme les maladies cardiovasculaires par exemple (diabète, cholestérol…), pourraient faire davantage de victimes sans un suivi médical. Pour Mathias Matallah, "les choses vont considérablement s'aggraver dans les prochaines années". Le président de Jalma prévoit, pour 2025, une attente de "100 jours pour un spécialiste, pour un rendez-vous d’un quart d'heure".