Prix des anticancéreux : "Le système de santé risque d’imploser"

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La Ligue contre le cancer tire la sonnette d'alarme face aux prix pratiqués par certains groupes pharmaceutiques sur des médicaments de pointe contre le cancer.

La Ligue contre le cancer lance un appel à la mobilisation générale. L’association dénonce, via une pétition, les laboratoires pharmaceutiques qui font payer trop cher leurs nouveaux médicaments anti-cancer. L’objectif est d’obtenir une baisse des prix, car certains patients sont obligés de se rendre à l’étranger pour obtenir des médicaments à moindre coût.

Forte disparité des prix. Par exemple, une cure standard de douze semaines de Sofosbuvir, un produit utilisé pour traiter l’hépatite C, coûte 59.000 euros aux États-Unis, 41.000 euros en France, 4.000 euros en Thaïlande et seulement 700 euros en Égypte. "Les industries du médicament partent du principe qu’un marché intérieur peut supporter une telle somme", explique dans le Grand Direct de la Santé Emmanuel Jammes, délégué à la mission société et politique de santé à la Ligue contre le cancer. "Le prix ne dépend pas seulement du coût de fabrication et des marges de rémunération des entreprises, mais d’un mécanisme bien différent qui repose sur la loi de l’offre et de la demande."

Des systèmes de santé menacés. Cette situation, qui concernerait une centaine de médicaments, porte préjudice aux malades, mais fait aussi peser une vraie menace sur un système de santé déjà lourdement déficitaire en France : "Le système de santé risque d’imploser si à terme tous les médicaments innovants contre le cancer et contre d’autres maladies chroniques prennent cette envergure", prédit le responsable qui rappelle que la France compte 1.000 nouveaux cas de cancer chaque jour .

Renégocier les prix. En conséquence, la Ligue contre le cancer appelle à une "mobilisation citoyenne". Elle réclame notamment à ce que les patients puissent siéger au Conseil économique des produits de santé, où les prix sont fixés, via des représentants des usagers. "Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Tout se fait à huis-clos, il n’y a pas de comptes rendus des débats. Tout se fait en catimini", déplore Emmanuel Jammes. "Les entreprises du médicament tirent au maximum sur le système jusqu'à ce qu'il s’effondre. Mais ce jour là, ça ne sera pas seulement les malades qui vont en pâtir [...], mais c'est aussi l'industrie pharmaceutique qui va creuser sa propre tombe, parce que les Etats leur diront 'non, ce médicament on ne peut plus le payer'."