On sait (enfin) pourquoi fumer du cannabis donne toujours faim

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On sait (enfin) pourquoi fumer du cannabis donne toujours faim
@ Marc Piscotty / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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GROSSE FRINGALE - Des chercheurs américains ont découvert les explications de la soudaine sensation de faim après la consommation de cannabis. 

Ceux qui ont déjà testé le cannabis ont déjà ressenti cette sensation : cette petite faim qui accompagne toujours la fin d’un joint. Mais pourquoi ? Des chercheurs américains de l’Université de Yale viennent de trouver la réponse et ils l’ont publiée, mercredi dans la revue Nature. Et l’explication serait en fait neurologique.

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© AFP

Les neurones qui contrôlent notre appétit sont touchés. Derrière cette soudaine fringale, des neurones à pro-opiomélanocortine, ou POMC. Habituellement, ils sont censés envoyer un message de faim au cerveau quand l’organisme est en manque. Autrement dit, ce sont ces cellules nerveuses qui contrôlent notre appétit. Mais avec le cannabis, les neurones POMC sont troublés. Avec la marijuana, ils envoient un message de faim, même quand l’organisme est repu.

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"Le cerveau est dupé". C’est grâce aux souris que les chercheurs ont fait cette découverte. Exposés au THC (tetrahydrocannabinol, l’un des principes actifs du cannabis, ndlr), les rongeurs ont ressenti cette faim immédiate. "C’est comme si en appuyant sur la pédale de frein d’une voiture, elle se mettait à accélérer", explique Tamas Horvath, professeur en neurobiologie à l’université Yale. "Nous avons été surpris de découvrir que les neurones que nous pensions responsables de la satiété étaient subitement activés pour stimuler la faim, même quand vous êtes plein. Le cerveau est dupé".

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© Max PPP

Et l’intérêt de cette découverte ? Si la trouvaille de ces scientifiques américains alimentera certainement les conversations amusées de fumeurs de joints, elle constitue surtout une avancée pour le traitement des troubles alimentaires. Cette découverte pourrait par exemple aider les patients atteints de cancers, qui subissent de lourdes chimiothérapies et qui perdent très souvent l’appétit. Cette révélation pourrait aussi aider les personnes atteintes de boulimie. 

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