Remboursement des traitements anti-tabac, vaccination en pharmacie : le gouvernement dévoile son plan prévention santé

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Remboursement des traitements anti-tabac, vaccination en pharmacie : le gouvernement dévoile son plan prévention santé
Les traitements pour arrêter de fumer vont être progressivement remboursés comme d'autres médicaments (image d'illustration). @ MYCHELE DANIAU / AFP
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Dans le cadre du plan prévention du gouvernement, les traitements anti-tabac vont être progressivement remboursés comme n'importe quel médicament.

Traitements anti-tabac remboursés comme n'importe quel médicament, vaccination anti-grippe en pharmacie, dépistage du cancer du col de l'utérus... Le gouvernement a dévoilé lundi le volet prévention de sa stratégie santé, avec l'objectif de préserver plusieurs dizaines de milliers de vies chaque année.

400 millions d'euros d'investissement. "Une vraie politique de prévention permettrait de préserver près de 100.000 vies par an", écrit le Premier ministre, Édouard Philippe, dans le document qui récapitule les 25 mesures prévues. Au total, ce plan présenté également par la ministre de la Santé Agnès Buzyn "représente un investissement de 400 millions d'euros pour cinq ans", selon le gouvernement.

Un meilleur remboursement des traitements anti-tabac. Le plan comprend quelques mesures très concrètes. D'abord, les traitements anti-tabac vont progressivement être remboursés comme n'importe quel médicament. Cette prise en charge remplacera le forfait de 150 euros par an qui couvre actuellement les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, inhaleurs...) prescrits sur ordonnance. Le but : "lever les freins liés à l'avance de frais systématique" entraînée par le forfait, pour inciter davantage de fumeurs à arrêter.

Vaccination contre la grippe en pharmacie. Par ailleurs, le gouvernement souhaite "élargir les compétences vaccinales des professionnels de santé". Ainsi, il veut "généraliser dès 2019" la vaccination en pharmacie contre la grippe. Une expérimentation sur certaines populations s'est déroulée avec succès dans deux régions, Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes.

Lancée en octobre pour trois ans, cette expérimentation n'était pas ouverte à tous les patients adultes. Elle se limitait à ceux à qui le vaccin est recommandé (plus de 65 ans, patients souffrant de certaines pathologies etc.). Elle excluait les femmes enceintes et les personnes qui se faisaient vacciner pour la première fois. Les pharmaciens demandaient la levée de ces restrictions. Le document publié par le gouvernement ne précise pas si la généralisation du dispositif concernera tous les patients.

Programme national de dépistage du cancer du col de l'utérus. Autre mesure concrète : le gouvernement veut "introduire un troisième programme national de dépistage organisé, celui du cancer du col de l'utérus", après le cancer du sein et le cancer colorectal. "Concrètement, toutes les femmes n'ayant pas réalisé de frottis dans les trois dernières années seront invitées à le faire, avec une prise en charge à 100%", selon le plan. Cette prise en charge avait été annoncée dès dimanche par Agnès Buzyn. Le cancer du col de l'utérus représente 3.000 nouveaux cas par an et provoque plus de 1.000 décès chaque année.

Étendre Nutriscore et agrandir le logo "interdit aux femmes enceintes". Parmi les autres mesures notables, le plan propose d'agrandir le pictogramme "interdit aux femmes enceintes" sur les bouteilles d'alcool en 2019 et de renforcer le dépistage de l'hépatite C pour éliminer cette maladie à l'horizon 2025. Le gouvernement prévoit aussi d'étendre aux cantines, à partir de 2020, le logo à cinq couleurs Nutriscore pour "contribuer à l'éducation nutritionnelle des enfants". Cet étiquetage est destiné à informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments.

Ce week end, la CGT et la CFDT ont anticipé la publication du plan en réclamant au gouvernement "d'arrêter la saignée" de l'agence Santé publique France et de "la doter de moyens cohérents avec les discours affichés". C'est "un plan qui cache la misère", ont critiqué les deux syndicats.