Peut-on mourir du manque de sommeil ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

ZZZZZZ - Si la privation de sommeil a des conséquences néfastes sur la santé, elle est rarement la seule cause d'un décès.

Au départ, la prise de drogue ou de médicaments était pointée du doigt. Mais depuis plusieurs jours, une autre rumeur monte autour du décès de Prince. Le chanteur serait en effet resté éveillé pendant six jours, soit 154 heures, juste avant sa mort. Le manque de sommeil a-t-il pu lui être fatal ? 

"Rarement dans son état normal". Selon le docteur Sylvie Royant-Parola, psychiatre spécialiste du sommeil invitée dans le Grand direct de la santé jeudi, il "est possible de rester six jours sans dormir mais rarement dans son état normal". Cela peut arriver en cas d'hyper-excitation, comme c'est le cas de "certains états maniaques des maladies bipolaires". Un challenge très fort peut également être motivant, à l'instar de l'homme qui a établi le record du monde du nombre de jours passés sans dormir (11, temps à battre depuis 1964). "Enfin, on peut prendre des médicaments ou des drogues excitants, mais cela présente un risque pour la santé", complète Sylvie Royant Parola.

Des séquelles sur la santé. Ce sont donc autant ces substances que le manque de sommeil lui-même qui peuvent être dangereux. Les séquelles laissées par un éveil forcé dépendent aussi du stress, ainsi que de "l'état général de la personne", note la psychiatre. "Est-ce qu'il y a déjà des problèmes cardio-vasculaires, est-ce qu'il y a une fragilité particulière au niveau cérébral ?" La mort en cas de privation de sommeil intervient bien souvent à cause de désordres cardio-vasculaires sévères. La mort du chanteur Prince, si elle est liée à son éveil prolongé, a donc probablement d'autres causes.

Les animaux survivent trois semaines. Jusqu'ici, il n'a jamais été possible de déterminer une limite de temps à partir de laquelle le manque de sommeil est fatal pour l'homme. Et pour cause. "On ne s'est jamais amusé à pousser les expérimentations au-delà des possibilités de la personne", souligne le docteur Sylvie Royant Parola. En revanche, les études menées sur les animaux ont permis d'aller jusqu'au décès. Qui intervenait, en général, au bout de trois semaines ou un mois.