Papillomavirus : un vaccin pour les filles dès 9 ans ?

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Papillomavirus : un vaccin pour les filles dès 9 ans ?
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DÉBAT - C'est ce que préconise une haute instance sanitaire française. La vaccination est pour l'instant recommandée de 11 à 14 ans.

Abaisser contre les papillomavirus la vaccination à 9 ans ? La piste n'est pas exclue par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) selon un avis remis par l'instance la Direction Générale de la Santé (DGS). Objectif ? Faire remonter la couverture vaccinale en France contre les HPV, responsables de la plupart des cancers du col de l'utérus.

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Quelles sont les recommandations actuelles ? La vaccination contre les papillomavirus est pour l'instant recommandée en France chez les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu'à 19 ans révolus.

Quels sont les arguments pour abaisser la vaccination à 9 ans ? A ce stade, cette "offre vaccinale en milieu scolaire" n'est qu'une piste. Si le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) envisage d'abaisser la vaccination à l'âge de 9 ans, c'est au regard des résultats relevés dans les pays qui l'ont mis en place. Ainsi au Royaume-Uni et en Australie, la couverture vaccinale contre les papillomavirus a augmenté. En France, c'est le contraire depuis quelques années: alors qu'en 2011 ans, 27% des jeunes filles de 16 ans avaient reçu une vaccination complète, elles n'étaient plus que 20% en 2013.

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Quid des polémiques autour du vaccin ? Si le vaccin contre les papillomavirus reste controversé, y compris chez certains médecins, le Haut Conseil de la santé publique se montre très rassurant tant sur la question de sa sécurité que de son efficacité. "Les données internationales démontrent en situation réelle une efficacité vaccinale sur la prévalence des infections à papillomavirus, l'incidence des condylomes et des lésions pré-cancéreuses (grade B)", note le HCSP dans son avis.

Il ajoute également que les données de pharmacovigilance disponibles avec un recul d'utilisation de plus de sept ans et plus de 170 millions de doses délivrées dans le monde (dont 5,8 millions en France) "ne permettent pas de retenir l'existence d'un lien de causalité entre cette vaccination et les évènements indésirables graves qui lui ont été attribués en France, notamment la sclérose en plaques et d'autres maladies auto-immunes".

"Ces croyances entretenues par certains médecins et fortement relayées par les médias ont suscité une défiance tout à fait injustifiée vis-à-vis de cette vaccination", relève le HSCP qui souligne que les maladies auto-immunes "se révèlent avec une grande fréquence à l'adolescence".

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Quelles sont les autres recommandations sur le plan national ? Le HCSP réitère la nécessité de mettre en oeuvre un programme national de dépistage organisé des cancers du col de l'utérus dans la mesure où la vaccination ne protège pas contre tous les types de papillomavirus à l'origine de ces cancers.

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Et les recommandations individuelles ? Le cancer du col de l'utérus est à l'origine d'un peu plus d'un millier de décès par an. Vaccinées ou non, les femmes âgées de 25 à 65 ans sont pour l'instant invitées à faire des frottis de dépistage des lésions du col de l'utérus tous les trois ans. Ce dépistage individuel est effectué par environ 60% des femmes concernées, mais connaît de fortes disparités territoriales et socio-économiques, les femmes sans diplôme ou disposant d'un faible revenu étant moins susceptibles de se faire dépister.