Paludisme: découverte d'un mécanisme de multirésistance aux traitements

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Paludisme: découverte d'un mécanisme de multirésistance aux traitements
Des parasites, exposés in vitro à la seule artémisinine (le composé de base du traitement standard) pendant cinq années, développent une résistance généralisée à la plupart des autres médicaments antipaludiques, selon une étude.@ PASCAL GUYOT / AFP
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Le parasite responsable de la maladie est capable d'acquérir une inquiétante multirésistance aux traitements, y compris à des molécules qu'il n'avait jamais croisées auparavant, ont découvert des chercheurs français. 

Le paludisme est plus coriace encore qu'on le pensait. Le parasite responsable de la maladie est capable de développer un mécanisme de multirésistance aux traitements qui inquiète les chercheurs. Plus étonnant encore : cette résistance du parasite concerne même des molécules qu'il n'avait jamais croisées auparavant. C'est ce qu'ont découvert des scientifiques français lors de travaux en laboratoire.

Résistance généralisée par un phénomène de mise en sommeil. Des parasites, exposés in vitro à la seule artémisinine (le composé de base du traitement standard) pendant cinq années, développent une résistance généralisée à la plupart des autres médicaments antipaludiques, selon l'étude.
Ils échappent à l'effet toxique des médicaments par un phénomène d'endormissement et sont ainsi capables de suspendre leur développement pendant toute la durée de l'exposition aux médicaments antipaludiques. Et dès que ce traitement est arrêté, ils se "réveillent" et prolifèrent à nouveau.

Emergence de résistances dans toute l'Asie du Sud-Est. L'artémisinine, composé de base des thérapies contre le paludisme, rencontre de plus en plus d'échecs cliniques en raison de l'émergence de résistances dans toute l'Asie du Sud-Est. Des résistances qui, pour le moment, n'ont pas été observées sur le continent africain, souligne encore l'équipe de chercheurs.

Le paludisme, dû à un parasite (Plasmodium falciparum) véhiculé par les piqûres de moustiques infectés, sévit majoritairement en zone tropicale. Et, même si la mortalité a diminué en 15 ans de 60%, la maladie reste responsable de 600.000 morts par an.