Odile Launay : "le vaccin est victime de son succès"

  • A
  • A
Odile Launay : "le vaccin est victime de son succès"
Odile Launay
Partagez sur :

Dans le pays de Louis Pasteur, l'inquiétude vis à vis des vaccins grandit. Odile Launay, infectiologue à l'hôpital Cochin, était l'invitée de David Abiker, dans "C'est arrivé cette semaine".

Alors que le monde de la santé est secoué par l'accident thérapeutique survenu à Rennes, les Français affichent de plus en plus leur défiance vis à vis des vaccins. Une défiance qui a poussé Marisol Touraine, ministre de la Santé, à lancer en début de semaine une concertation nationale sur la vaccination. Comment rassurer les Français ? Pour répondre à cette question, Odile Launay, infectiologue à l'hôptal Cochin, à Paris, était l'invitée de David Abiker, dans C'est arrivé cette semaine, samedi.

Victime de son succès. "La défiance sur la vaccination est très ancienne, rappelle la spécialiste. Les peurs sont souvent irrationnelles". Elle cite notamment les aiguilles, le fait que les vaccins soient vivants et la crainte d'entraîner des maladies infectieuses. Et la crainte grandit : hésitation à se faire vacciner, mise en cause de l'utilité des vaccins, questionnement sur le ratio risque-bénéfice, etc. "Le vaccin est victime de son succès, analyse l'infectiologue. Beaucoup de maladies prévenues par les vaccins ont disparu : la polio, la diphtérie, par exemple. "Les parents ne voient plus que les risques. Le vaccin, comme un médicament peut entraîner un effet indésirable mais c'est exceptionnel. Les essais sur les nouveaux vaccins incluent des dizaines de milliers de personnes donc on a des données précises sur les risques."

5% de sceptiques. La concertation nationale est-elle un constat d'échec ? "On estime que ceux qui sont contre le vaccin représentent moins de 5% de la population." Elle cite néanmoins des raisons qui peuvent expliquer le rejet des vaccins : l'hépatite B et la survenue d'effets indésirables attribués à tord au vaccin, la campagne H1N1. "Aujourd'hui, les médias sont plus positifs. Et la relation médecin-malade a changé. Il faut pouvoir expliquer pourquoi c'est important de se vacciner, dire que le bénéfice est bien plus important que le risque. Mais cela nécessite que les professionnel soient formés et à l'aise". C'est le bu de cette concertation nationale.