Noël : gare au risque d'ingestion de piles bouton chez les enfants

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Noël : gare au risque d'ingestion de piles bouton chez les enfants
A Noël, il faut faire attention aux piles bouton présents dans les jouets que l'on achète aux enfants.@ ALAIN JOCARD / AFP
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Pour un enfant, avaler des piles bouton contenues dans des jouets peut représenter un risque mortel si l'incident n'est pas traité à temps. Explications.

Comme chaque année, à Noël, des millions de jouets et d'appareils électroniques vont entrer dans les foyers. Et avec eux, des petits objets banals qui peuvent pourtant causer des accidents dramatiques s'ils sont avalés par les enfants : les piles bouton.

1.200 visites aux urgence chaque année. "Chaque année en France, plus de 1.200 visites aux urgences sont liées à l'ingestion de piles bouton", soulignent mercredi dans un communiqué commun trois structures officielles, la DGCCRF (Répression des fraudes), la Direction générale de la santé (DGS) et l'Anses. Ces accidents "touchent très majoritairement les 0-5 ans". "Les gens ne sont pas au courant du danger et pensent qu'avaler une pile bouton et une pièce de monnaie, c'est pareil. Or, une pile bouton avalée par un enfant, c'est une urgence", explique Françoise Denoyelle, chef de service d'ORL pédiatrique à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris.

Des lésions au bout de deux heures. Si "toutes les piles bouton sont dangereuses", le professeur Denoyelle met particulièrement en garde contre les plus grosses, d'un diamètre de 20 mm ou plus. Elles risquent en effet de se coincer dans l'oesophage, le conduit qui transporte les aliments dans l'estomac, et "les lésions peuvent apparaître rapidement, au bout de deux heures". Contrairement à ce qu'on imagine, le danger immédiat ne vient pas des produits que contiennent ces piles mais de leur action électrique dans le milieu humide qu'est l'oesophage. "La pile agit par électrolyse et détruit la muqueuse rapidement", note Françoise Denoyelle.

Plusieurs interventions possibles. Les complications sont graves, voire potentiellement mortelles : "Perforation (oesophage et trachée communiquent, avec un risque d'étouffement), médiastinite (infection du médiastin, partie du thorax située entre les poumons), rétrécissement de l’œsophage ou paralysie nerveuse."

Praticien hospitalier en réanimation chirurgicale pédiatrique à Necker, Robert Rubinsztajn voit arriver "les cas les plus graves". "Même quand on enlève la pile, le phénomène continue, contrairement à des brûlures caustiques comme celles causées par exemple par l'ingestion d'eau de javel", explique-t-il. "Cela rend ces lésions difficiles à traiter et cela nécessite plusieurs interventions".