Morgane, mère séropositive de quatre enfants séronégatifs : "mes quatre filles sont en très bonne santé"

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Morgane, 35 ans, est séropositive depuis 1999. Ce qui ne l'a pas empêché d'avoir quatre enfants, quatre filles, qui ne sont pas atteintes par le virus. Elle témoigne sur Europe 1 à l'occasion de la journée mondiale de la lutte contre le Sida. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

En France, plus de 150.000 personnes sont porteuses du virus du Sida et 25.000 d'entre elles ne le savent pas. Pour la journée mondiale de lutte contre la maladie, le ministère de la Santé lance vendredi une nouvelle campagne en faveur du dépistage. Morgane, 35 ans, est séropositive depuis 1999. Ce qui ne l'a pas empêché d'avoir quatre enfants, quatre filles qui ne sont pas atteintes par le virus. Elle transmet pour Europe 1 son témoignage.


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"Je n'ai même pas réfléchi de le garder ou pas". "Je suis tombée en fait, je ne pouvais plus marcher. J'avais très mal à l'estomac, je voulais dormir tout le temps, j'étais extrêmement fatiguée. Arrivée aux urgences, on m'a proposé de faire le teste du VIH. Deux jours après une infirmière est montée et m'a dit que j'étais séropositive", raconte Morgane. Tombée enceinte très peu de temps après, la jeune femme décide de garder l'enfant, malgré les avis d'alors du corps médical. Elle assure : "Je n'ai même pas réfléchi de le garder ou pas", explique-t-elle. "Ce sont les médecins qui ont essayé que je ne le garde pas. J'avais surtout peur pour l'enfant... Est-ce qu'il va l'avoir ? C'était surtout ça qui me tracassait", poursuit la jeune femme. 

"Aujourd'hui, je vais très bien et mes quatre filles sont en très bonne santé." "Je ne me suis pas posé de questions pour les autres après. Elles allaient aller bien. De toute façon, je ferai tout pour qu'elles aillent bien", sourit-elle. Selon l'OMS, la transmission du VIH de la mère à l'enfant est en effet inférieure à 5% si la personne porteuse du virus a bénéficié de traitements efficaces. "Aujourd'hui, je vais très bien et mes quatre filles sont en très bonne santé, leur papa aussi", explique Morgane. "Elles savent que je prends des cachets tous les jours, je ne me cache pas." 

Malgré d'importants progrès en médecine, le VIH, et ses conséquences sur la vie au quotidien, restent trop souvent méconnus. Une situation que mesure Morgane à travers la scolarité de ses enfants : "Quand ils sont en cours, ils entendent des choses ahurissantes sur la pathologie de leurs parents. Moi ma fille elle revient elle me dit : 'J'entends des choses...' L'autre fois, c'était 'ils sont tous fatigués'. Là [ma fille] leur a dit : 'Ce n'est pas possible. Emmenez ma mère [avec vous], vous allez voir que ce n'est pas vrai.'" La mèr de famille conclut : "Ma fille de 17 ans ne se cache pas du tout, au contraire. Elle voit que c'est un combat et que j'essaye de mener avec le sourire."