Monoparentalité : les mères isolées plus fragiles ?

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Monoparentalité : les mères isolées plus fragiles ?
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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FRAGILES - Les mères célibataires sont présentes sur tous les fronts quitte à en oublier parfois un peu leur propre santé. Explications.  

Savoir jongler entre sa vie professionnelle, l’éducation des enfants, les courses et le reste est un travail herculéen. En France, près de deux millions de familles sont monoparentales, dont la grande majorité est gérée par des femmes. Dans ce modèle familial de plus en plus répandu, le parent, seul et sur tous les fronts, peut parfois en négliger sa propre santé. Pour la première fois, des chercheurs de l’université américaine de Harvard ont réalisé une étude de très grande ampleur sur ces personnes seules.

25.125 femmes interrogées. Pour les besoins de cette enquête, 25.000 femmes de plus de 50 ans ont été questionnées. Ces personnes, qui viennent des Etats-Unis et de 13 pays européens différents (dont la France), ont d’abord permis d’établir quelques statistiques par pays. On y apprend notamment qu’une femme américaine sur trois est un parent isolé avant 50 ans. Pour vous donner un ordre de comparaison, une Français sur cinq est une mère qui vit seule.

Des femmes très vulnérables. Selon cette enquête, publiée dans le Journal of Epidemiology & Community Health, la monoparentalité peut parfois être très lourde à porter. Pour ces femmes, le divorce, un accouchement avant 20 ans ou élever ses enfants seule pendant de nombreuses années augmenterait davantage les risques de contracter des maladies cardiovasculaires après 50 ans par rapport aux mères mariées.

Les Françaises mieux loties. Toutes les femmes interrogées pour les besoins de l’enquête qui se trouvent dans une situation de monoparentalité ont un point commun : des problèmes d’argent. Encore plus importante aux Etats-Unis, cette pauvreté est parfois compensée par des politiques familiales et les aides sociales, comme en France par exemple.

La famille aide énormément. Autre conclusion très intéressante de cette étude : le poids de la famille pour ces mères isolées. Les chercheurs ont en effet constaté que les mères qui élèvent leur(s) enfant(s) seule dans le sud de l’Europe (Grèce, Italie, Espagne) avaient une meilleure santé après 50 ans que les autres. L'explication est simple : les grand-parents ou les autres personnes de leur entourage leur permettent de sortir un peu de leur isolement.