Limoges : une clinique condamnée pour avoir opéré de l’œil par erreur un sourd

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Limoges : une clinique condamnée pour avoir opéré de l’œil par erreur un sourd
@ JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Un octogénaire sourd avait été opéré de l'oeil par erreur dans une clinique de Limoges. Il souffre aujourd'hui d'une cécité quasi-totale.

Le tribunal de Limoges a condamné une clinique et des médecins à indemniser un octogénaire sourd qu'ils avaient opéré par erreur de l’œil, celui-ci ayant répondu à tort à l'appel d'un nom qui n'était pas le sien après avoir ôté ses appareils auditifs.

Prié d'enlever ses appareils auditifs. Aujourd'hui âgé de 80 ans, Gaston se trouvait en 2011 à la clinique Chénieux de Limoges pour y subir une opération bénigne de la paupière. Il avait finalement été opéré d'une vitrectomie (ablation du corps vitré) de l’œil droit à la place d'un autre patient, sans que la chaîne de contrôle de son identité ne révèle la méprise. Gaston avait en effet été prié avant l'intervention d'enlever ses appareils auditifs et, en raison de sa surdité, avait répondu à tort à l'appel du nom de cet autre patient. L'erreur avait été constatée dès le lendemain par l'équipe médicale.

Cécité quasi-totale. Mais l'octogénaire creusois, atteint par ailleurs de cataracte et de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge), une maladie de la rétine, a constaté depuis 2014 une baisse brutale de ses capacités visuelles et souffre aujourd'hui d'une cécité quasi-totale. Estimant que cette déficience visuelle est liée à l'erreur opératoire dont il a été victime, Gaston s'était tourné vers la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI). Mais la Commission l'a débouté, jugeant que, même si la vitrectomie subie à tort a précipité l'évolution de sa cataracte, la perte de ses facultés visuelles est bel et bien la conséquence naturelle et inéluctable de la DMLA dont il souffre depuis 2007.

1.500 euros chacun. Gaston avait donc saisi la justice pour demander une contre-expertise. La chambre civile du tribunal de Limoges, qui a examiné l'affaire le 22 juin, a débouté Gaston, estimant cependant que son préjudice était réel. Dans un jugement en date du 15 juillet, elle condamne la clinique, ainsi que deux des trois médecins en cause, à verser chacun 1.500 euros au patient et à s'acquitter des frais de justice. Le troisième médecin avait déjà négocié une indemnisation de son propre chef avec Gaston.