L'exposition indirecte à la fumée du tabac pourrait affecter la santé

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L'exposition indirecte à la fumée du tabac pourrait affecter la santé
Selon une étude effectuée chez des souris, une exposition indirecte à la fumée du tabac serait elle aussi nocive. @ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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On connaissait le tabagisme passif mais un peu moins l'exposition indirecte aux résidus laissés par la fumée de cigarette sur les meubles, rideaux ou murs. 

Sortir pour fumer une cigarette pourrait bien se révéler insuffisant pour protéger la santé des non fumeurs, selon une étude effectuée chez des souris montrant qu'une exposition indirecte à la fumée du tabac serait elle aussi nocive.

Une exposition indirecte. On parle d'exposition indirecte (ou "third-hand smoke", en anglais) pour désigner le contact avec les résidus laissés par la fumée du tabac sur les meubles, les rideaux ou les murs par exemple. Elle est différente du tabagisme passif qui consiste à inhaler, de manière involontaire, la fumée dégagée par un ou plusieurs fumeurs et dont les dangers sont déjà bien connus. Peu d'études ont en revanche été menées à ce jour sur l'exposition indirecte à la fumée du tabac.

Des modifications sanguines. Dans une étude publiée dans la revue Scientific Reports, des chercheurs de l'université de Berkeley, en Californie, ont montré que des souriceaux nouveaux-nés exposés à des vêtements traités avec de la fumée de cigarette pendant trois semaines présentaient un plus faible poids que ceux qui n'avaient pas été exposés. Les nouveaux-nés comme les souris adultes ont également présenté des modifications de leur composition sanguine associés à des réactions inflammatoires ou allergiques. L'effet sur le poids s'est toutefois révélé temporaire, contrairement à la modification des globules blancs qui s'est maintenue même après l'arrêt de l'exposition.

Un facteur de risque sous-estimé. Selon Jian-Hua Mao, l'un des auteurs de l'étude, le taux de tous les types de globules blancs associés aux inflammations et aux allergies a connu des augmentations. "Les changements ont subsisté pendant 14 semaines après la fin de l'exposition chez les nouveaux-nés et deux semaines après l'exposition chez les adultes", précise-t-il. Pour l'instant toutefois, les chercheurs ne sont pas en mesure de dire si les modifications biologiques entraînent des pathologies spécifiques. "L'exposition indirecte est un facteur de risque sanitaire sous-estimé", relève de son coté Antoine Snijders, un autre auteur de l'étude, qui souligne que de nouvelles recherches sont nécessaires, notamment chez l'homme, avant de pouvoir proposer des mesures préventives.