Les opérations "inutiles" en sursis

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Les opérations "inutiles" en sursis
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La Fédération hospitalière de France va proposer des mesures pour diminuer leur nombre.

C'est "une question d'argent public et de santé publique". La Fédération hospitalière de France (FHF), qui regroupe les responsables du secteur public hospitalier, a créé un groupe de travail pour lutter contre les opérations de chirurgie dites "inutiles", a indiqué son délégué général, Gérard Vincent, mercredi dans le Figaro. Une série de mesures devraient être proposées à l'automne.

"Disparité flagrante"

Une opération est considérée "inutile" par la FHF quand elle n'est pas justifiée par des raisons strictement médicales. La FHF pointe la "disparité flagrante" de certains types d'interventions chirurgicales : ainsi, les opérations de la cataracte peuvent être supérieures de 50% à la moyenne nationale dans un "territoire de santé" et être inférieure de 50% à cette même moyenne dans le territoire voisin.

Laxisme et pression

Gérard Vincent estime que le secteur privé a un "intérêt financier à faire du volume" mais ne nie pas une dérive similaire dans les hôpitaux publics. Selon lui, elle s'explique par un certain "laxisme" et la "pression" que subissent les directeurs d'hôpitaux "puisque désormais, les sommes versées par l'Assurance maladie aux hôpitaux dépendent du volume d'actes".

Afin d'en diminuer le nombre, le président de la FHF, le député UMP et cardiologue Jean Leonetti, propose d'envoyer "des professeurs en fin de carrière" afin "d'expliquer à un médecin qu'il pratique un acte dix fois plus souvent que la moyenne". Ce dernier "comprendra de lui-même qu'il y a un problème", estime-t-il.

Menace de déremboursement

"Il faut bien expliquer au corps médical que, si les budgets ne sont pas maîtrisés par une démarche médicale, ils le seront par une démarche comptable", conclut Jean Leonetti, ouvrant la porte à des sanctions financières, comme le non remboursement de certains actes là où les abus se poursuivent.