Les médicaments contre la maladie d'Alzheimer ne seraient pas efficaces

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Les médicaments contre la maladie d'Alzheimer ne seraient pas efficaces
850.000 personnes sont atteintes de la maladie d'Alzheimer en France.@ SEBASTIEN BOZON / AFP
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Peu de médicaments existent pour traiter les effets de la maladie d'Alzheimer et selon l'avis de la Haute Autorité de santé, ils ne sont efficaces que pour quelques patients.

850.000 personnes souffrent de la maladie d'Alzheimer en France et seulement quatre médicaments pour lutter contre ses effets sont autorisés sur le marché. Des traitements jugés "inefficaces" par la Haute Autorité de santé (HAS), qui a publié un avis cinglant samedi. 

Des médicaments efficaces pour une minorité. Pour de nombreux spécialistes, ces médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon et Reminyl) ne fonctionneraient, au mieux, que chez 10 à 20% des patients. Pour ces malades, les traitements peuvent améliorer pendant quelques mois leur attention, leur concentration ou leur capacité à reconnaître un proche. Mais aucun ne permet la guérison.

Des effets secondaires connus. Les experts de la Haute autorité de la santé dénoncent aussi les nombreux effets indésirables de ces traitements. Pourtant, selon le neurologue Mathieu-Pierre Ceccaldi, ces effets (troubles digestifs et neuropsyhiatriques, réactions cutanées sévères mais aussi ralentissement du rythme cardiaque, ndlr) sont connus depuis longtemps et bien gérés par les médecins. "Les praticiens sont très vigilants aux autres traitements que prennent les patients, notamment certains médicaments pour traiter l’hypertension artérielle et qui ont aussi pour effet secondaire de ralentir le rythme cardiaque", assure le spécialiste. "Dans certains cas, on ne prescrit pas ces médicaments. Très souvent, on réalise un électrocardiogramme et on demande un avis cardiologique avant de débuter ces traitements", précise Mathieu-Pierre Ceccaldi.

Pas de déremboursement pour autant. Dans son avis, la Haute autorité de santé préconise le déremboursement de ces quatre médicaments. Inenvisageable pour la ministre de la Santé Marisol Touraine, tant que l’on ne dispose pas d’une alternative médicamenteuse ni d’un parcours de soins précis pour ces patients. La décision a été saluée par les associations de malades. Pour elles, sans la perspective de se faire prescrire un médicament, même peu efficace, le risque est que de nombreux patients n’aillent tout simplement plus consulter