Les huiles végétales réduisent le cholestérol mais pas le risque cardiovasculaire

  • A
  • A
Les huiles végétales réduisent le cholestérol mais pas le risque cardiovasculaire
Image d'illustration.@ Matthew Mirabelli / AFP
Partagez sur :

Une étude parue mercredi va à l'encontre des hypothèses avancées jusqu'à aujourd'hui par les scientifiques.

Remplacer les graisses animales par des huiles végétales fait baisser le taux de cholestérol, mais ne réduit pas la mortalité, notamment cardiovasculaire, selon une étude publiée mercredi dans la revue médicale British Medical Journal (BMJ). Depuis des années, les nutritionnistes recommandent de privilégier les huiles végétales en se basant sur des observations qui ont montré qu'elles faisaient baisser le taux de cholestérol et qu'elles étaient bonnes pour le cœur. Mais cette hypothèse est donc mise à mal par les travaux d'une équipe américaine. 

Mortalité en hausse. En comparant près de 10.000 personnes dont la moitié avaient reçu une alimentation incluant surtout des graisses saturées (viande, beurre, crème) et l'autre moitié des huiles végétales riches en acide linoléïque (oméga 6), comme l'huile de maïs ou de tournesol, les chercheurs américains ont observé une baisse du taux de

cholestérol de l'ordre de 13%, mais pas de réduction des maladies cardiovasculaires, ni de la mortalité, toutes causes confondues. Ils ont constaté au contraire que plus la consommation en huiles végétales était importante et plus le taux de cholestérol baissait, plus le risque de mortalité augmentait (de 22% chaque fois que le cholestérol baissait de 30mg/dL).

Oxydation. Parmi les hypothèses avancées, les chercheurs citent des phénomènes "d'oxydation" qui pourraient accroître le risque cardiaque, alors même que le taux de "mauvais" cholestérol (ou LDL, lipoprotéines de basse densité) baisse. Cette oxydation pourrait être plus importante dans certaines catégories de la population comme les fumeurs, les gros buveurs ou les personnes âgées. Plusieurs experts ont réagi à la publication de l'étude, en insistant sur la nécessité de poursuivre les recherches sur l'impact d'une réduction des graisses saturées sur le risque cardiovasculaire.