Les Hôpitaux de Paris vont devoir économiser 40 millions d'euros

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Les Hôpitaux de Paris vont devoir économiser 40 millions d'euros
Cette économie devrait permettre à l'AP-HP d'éviter un nouveau dérapage de son déficit. @ FRANCOIS GUILLOT / AFP
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L'AP-HP va être contrainte de serrer la vis budgétaire en économisant 40 millions d'euros de plus que prévu, pour éviter un nouveau dérapage de son déficit.

L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) va devoir économiser 40 millions d'euros de plus que prévu cette année pour éviter un nouveau dérapage de son déficit, ce qui se traduira notamment par une "stabilité" des dépenses de personnel.

L'année a mal commencé pour l'AP-HP, qui a réalisé "une activité inférieure à l'objectif initial à la fin du premier trimestre", au point de baisser sa prévision de croissance pour 2018 "à 1,5% au lieu de 2,5%", selon la nouvelle version du budget prévisionnel présentée jeudi en conseil de surveillance. Une modification "demandée par les tutelles", c'est-à-dire le ministère de la Santé et son agence régionale (ARS) d'Ile-de-France, qui surveillent étroitement les comptes du plus grand centre hospitalier français après leur forte "dégradation" en 2017. Le déficit a en effet atteint 199 millions d'euros pour le budget principal, qui correspond aux activités de soins, soit cinq fois plus que les 39 millions initialement envisagés.

Seize millions d'euros d'économies sur les médicaments. Mais ces mauvais résultats en cascade n'ont pas remis en cause "la nécessité de sécuriser malgré tout l'atteinte du résultat prévu" pour 2018, à savoir un déficit de 169 millions d'euros. Pour cela, l'AP-HP devra trouver "40 millions d'euros d'efficience supplémentaire sur les charges", dont 16 millions sur les médicaments et 23 millions sur la masse salariale, ce qui "permet de viser une stabilité des charges de personnel entre 2017 et 2018".

Quelles conséquences ? Le document ne précise pas les conséquences de ces économies sur les effectifs, alors que la première version du budget prévisionnel prévoyait déjà la suppression de 180 postes non médicaux, doublée d'un moindre recours à l'intérim non médical et aux heures supplémentaires. "Cela va être difficile de remplir nos missions et d'assurer des soins de qualité dans ces conditions", a déclaré Rose-May Rousseau, secrétaire générale de l'Usap-CGT, qui fait état de restrictions sur les congés estivaux et les remplacements et se dit "extrêmement inquiète pour les personnels et l'accueil des patients".