Les enfants dorment de moins en moins, et ce n'est pas bon pour eux

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Selon une étude, les enfants ont perdu, en 15 ans, 20 minutes de sommeil en moyenne. 

Les enfants dorment de moins en moins. En 15 ans, les 5-6 ans ont perdu environ 20 minutes de sommeil en moyenne, selon une étude menée par des chercheurs des universités de Tours et d'Orléans et relayée par Le Parisien. "Les chercheurs relèvent aussi le 'jet lag social' des petits, ballottés entre deux rythmes : celui de la semaine et celui du week-end, fait de couchers tardifs et de grasses matinées, faussement réparatrices", poursuit le quotidien. Et d'enchaîner, citant Nadine Le Floch, l'une des auteures de l'étude : "Le sommeil n'est pas plastique. Le temps qu'on manque le soir n'est pas récupéré en dormant plus longtemps le matin".

Des conséquences pour la santé et le comportement. Invité d'Europe Midi, Sylvie Royant-Parola, psychiatre et présidente du Réseau Morphée, invite fortement à ne pas prendre le sujet à la légère. "Chez l'enfant, le sommeil est très important, pour le développement, le poids, l'attention. Il peut y avoir des conséquences sur son comportement et sa santé", alerte-t-elle. Et de décrire : "Cela peut se traduire par une baisse de ses résultats scolaires, mais aussi de choses plus insidieuses, comme des modifications au niveau du métabolisme. Un enfant qui ne dort pas assez va prendre du poids".

De 5 à 6 ans, les enfants ont besoin de dormir de 10h30 à 11 heures de sommeil par nuit. Hypertension artérielle, accidents domestiques liés à la somnolence, les potentielles conséquences d'un déficit peuvent être très sérieuses. "Les enfants qui ne dorment pas assez sont des enfants à qui l'on a du mal à poser des limites", ajoute Stéphane Clerget, pédopsychiatre, auteur de Maintenant, tu restes dans ton lit ! (Albin Michel), également invité d'Europe 1.

Le sommeil des enfants doit être accompagné. Pour les plus jeunes, ça peut prendre une demi-heure

Comment y remédier ? L'étude compare le sommeil des enfants ces 15 dernières années. Or, comme le notent les spécialistes, c'est précisément la période d'essor des nouvelles technologies, ordinateurs puis smartphones en tête. "C'est un vrai problème de santé publique. Les écrans poussent à maintenir en éveil, il faut les bannir des chambres", insiste Stéphane Clerget. Selon lui, les parents doivent prendre davantage de temps pour s'occuper du sommeil de leurs enfants. "Le sommeil des enfants doit être accompagné. Pour les plus jeunes, ça peut prendre une demi-heure. On peut rester avec lui, lui lire une histoire etc. Les deux parents - pas tout le temps la mère - doivent se sentir concernés", martèle-t-il, soulignant l'importance de la sieste "le week-end ou pendant les vacances".

"L'enfant n'est pas un adulte en miniature", renchérit Sylvie Royant-Parola. "Dans notre vie sociale actuelle, se coucher tôt est une réelle difficulté. Les parents rentrent de plus en plus tard et ils veulent voir leurs enfants. Mais les enfants sont plutôt du matin. Il faut vraiment que les parents aient conscience que s'ils rentrent tard, une tierce personne (grands-parents, nounou...) doit coucher l'enfant à leur place. Quitte à, en rentrant, aller lui faire un petit bisou, une caresse, car l'enfant a besoin de sentir la présence de ses parents", poursuit la psychiatre. Et de conclure : "Les enfants ne vont jamais dire 'j'ai sommeil'. Ce sont les parents qui doivent poser des limites".