Les "effets subtils" du Bisphénol A

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Les "effets subtils" du Bisphénol A
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L’Afssa recommande de ne pas trop chauffer les biberons. Des précautions jugées insuffisantes.

Est-ce une sonnette d’alarme ? L'agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), a publié vendredi, un rapport dans lequel elle relève "des effets subtils" du Bisphénol A (BPA) sur de jeunes rats. Cela la conduit à "poursuivre son travail d'expertise" afin de "comprendre la signification en terme de santé humaine de ces signaux d'alerte, éclairer le consommateur et permettre aux pouvoirs publics de prendre des mesures appropriées".

Ne pas trop chauffer les biberons

Dans l'attente de résultats plus complets, l'Afssa "rappelle aux consommateurs qu'une mesure simple de précaution est d'éviter de chauffer à trop forte température l'aliment (eau, lait, soupes...) s'ils utilisent des biberons qui contiennent du Bisphénol ou des récipients en polycarbonate".

Elle souhaite aussi "définir rapidement une méthodologie adaptée à la détection d'une toxicité potentielle, chez l'homme et à basse dose, du BPA mais aussi des produits de substitution et plus largement des perturbateurs endocriniens" -substances qui interfèrent avec le développement du système hormonal.

Mais le Bisphénol A n'est pas que dans les biberon. Il est partout autour de nous :

En 2008, l'Afssa avait conclu à l'absence de risque du produit. En 2009, elle avait rouvert son étude après la publication de nouvelles études scientifiques internationales. Fin janvier, le député Gérard Bapt avait déjà tiré la sonnette d’alarme et reproché à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot de trop tarder à prendre une décision concernant le BPA.

Des résultats insuffisants

Le député PS de Haute-Garonne, ainsi qu'André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement santé, ont regretté vendredi que l'Agence sanitaire des aliments (Afssa) n'en tire pas les conséquences.

La chef de file des Verts, Cécile Duflot, regrette une demi-mesure et demande l'interdiction du BPA.

"C'est positif que l'Afssa consente à prendre la mesure de toutes les études sorties récemment", a indiqué Gérard Bapt, qui a déjà interdit la commercialisation des biberons contenant du BPA dans la petite ville de Saint-Jean (Haute-Garonne) dont il est maire. Il a regretté cependant qu'il ait fallu attendre que la FDA, l'agence américaine, "lance une alerte pour que l'Afssa bouge" et qu'elle n'ait pas jugé utile de donner des "préconisations".

Un appel à Roselyne Bachelot

Estimant qu'il y a "urgence", il a souligné que la balle était désormais "dans le camp de la décision politique". "J'appelle à nouveau la ministre de la Santé (Roselyne Bachelot) à faire une recommandation de précaution, en priorité vis-à-vis des femmes enceintes", a-t-il dit.

André Cicolella a regretté lui aussi que l'Afssa "veuille bien reconnaître un problème mais n'en tire pas les conséquences en termes de norme", puisqu'elle ne "remet pas en cause" la Dose journalière admissible (DJA). "Ils ne remplissent pas leur rôle en ne définissant pas la norme", a-t-il affirmé.

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