Le secourisme, point faible des Français

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Le secourisme, point faible des Français
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Seuls 4 Français sur 10 seraient initiés aux gestes de premiers secours. Europe1.fr décrypte pourquoi.

Adriana Karembeu et son image d’ambassadrice de charme de la Croix Rouge n'attirent visiblement pas assez de nouveaux initiés aux premiers secours. Aujourd’hui, l'académie nationale de médecine déplore que seuls 40% des Français soient formés au secourisme, contre 80% des citoyens allemands par exemple. Et pourtant, en 2001, la campagne de la belle blonde en tenue légère promouvant les gestes qui sauvent avait réussi à charmer les jeunes. La mannequin avait ainsi participé à faire bondir les chiffres qui stagnaient autour de 7% des Français initiés au secourisme.

Pour Pascal Cassan, médecin-conseil à la Croix-Rouge, deux raisons expliquent que la France soit à la traîne. Il accuse à la fois l’Etat et le citoyen de ne pas faire d’efforts.

L’Etat en cause

Apprendre les gestes qui sauvent des vies n’est pas une priorité du gouvernement et c’est bien ce que regrette Pascal Cassan. Pour lui, l’Etat est responsable de ce mauvais chiffre français. "Il ne se donne pas les moyens de rendre les premiers secours obligatoires, alors qu’ils le sont dans de nombreux pays européens", blâme-t-il sur Europe1.fr. D'après le rapport, seule une action forte du gouvernement peut dynamiser le secourisme, indispensable dans la chaîne des secours et soins d'urgence.

Pour lui, cela commence par l’apprentissage obligatoire du secourisme à l’école - qui est d’ailleurs censé être mis en place depuis 2005 comme le précise une loi "qui n’est pas appliquée" -, et lors du passage du permis de conduire. "On peut avoir le permis de tuer avec une voiture, plutôt que le permis de sauver des vies", désapprouve le médecin-conseil à la Croix-Rouge. Enfin, "les métiers à risques - par exemple les guides dans les cars de tourisme - devraient aussi être formés, ce qui n’est pas le cas", explique-t-il.

Sauver la vie d’un membre de sa famille

"Ca n’arrive qu’aux autres", ce dicton bien connu est décrié par Pascal Cassan. "Il faut réellement faire comprendre aux Français que ce sont ceux qu’ils aiment qui peuvent être sauvés grâce aux gestes qui sauvent". Et pourtant, selon une enquête sur les Français et l'arrêt cardiaque, 26% ne veulent pas prendre la responsabilité d'utiliser un défibrillateur disponible en libre accès. Une aberration, alors que "huit fois sur dix, c’est un membre de la famille qui va agir et permettre de sauver la vie de celui qui s’est effondré. Il s’agit d’aider un proche et non pas un inconnu, c’est ce que les Français doivent comprendre", assure le médecin.

"Les séniors se sentent encore moins concernés", rapporte-t-il. Un non-sens alors que ce sont souvent les grands-parents qui s’occupent des petits de la famille, notamment en période de vacances.

Les bons gestes à poursuivre

Un bon point pour le gouvernement. De plus en plus de jeunes se forment aux premiers secours lors de la journée de défense et de citoyenneté. "Une heure de formation aux premiers secours est intégrée dans le cadre de cette journée. 850.000 jeunes sont ainsi concernés chaque année", relativise Pascal Cassan.

De même, de plus en plus d’employeurs se sentent concernés par les gestes qui sauvent. "Ils sont nombreux à proposer à leurs salariés de se former", se réjouit le médecin de la Croix Rouge.

Besoin de moyens

Mais cela ne suffit pas. Pour permettre une évolution du nombre de Français formés aux premiers secours, le rapport préconise d'instituer une "aide au financement" et "la gratuité pour certaines catégories de personnes", comme les jeunes de quartiers défavorisés, les bénéficiaires RSA, les handicapés et aveugles ou encore les délinquants incarcérés.