"La France est en train de faire le travail" pour les enfants autistes, estime Samuel Le Bihan

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Parrain de l'association "SOS autisme France" et lui-même père d'une petite fille autiste, Samuel Le Bihan a écrit un roman sur le sujet. "C'était ma façon de me raconter", a-t-il confié à Nikos Aliagas sur Europe 1.

INTERVIEW

Du grand écran, Samuel Le Bihan est passé à la page blanche. Page blanche qu'il a noircie pour donner naissance à son premier roman, Un bonheur que je ne souhaite à personne (Flammarion). Une fiction qui raconte le combat d'une mère d'un enfant autiste.

Un masque de mère derrière lequel se cache Samuel Le Bihan, lui-même papa d'une petite fille porteuse d'autisme. "Le masque du personnage est quelque chose qui me va bien, qui correspond à mon ADN, à mon métier. J'ai toujours utilisé les personnages pour me dévoiler intimement. Là, c'était ma façon de me raconter", a confié l'acteur au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1.

"C'est l'inclusion qui permet l'autonomie et l'autonomie c'est le bonheur." Sous sa casquette de parrain de l'association "SOS autisme France", Samuel Le Bihan se bat pour une meilleure intégration des enfants autistes. "L'inclusion à l'école est essentielle" pour eux car "c'est là où on fait progresser l'enfant". "On vit toute sa vie avec l’autisme par contre, on peut progresser" en apprenant "à communiquer" ou à "aller vers l'autonomie". "C'est l'inclusion qui permet l'autonomie et l'autonomie c'est le bonheur."

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Pourtant, en France, seulement "20% à 30%" des enfants autistes sont scolarisés. "En Italie, c'est 100%. En Angleterre, c'est 80%", explique-t-il, estimant qu'en France, "on a 20 à 30 ans de retard" dans ce domaine. S'il reconnaît que "la France est en train de faire le travail", Samuel Le Bihan estime qu'il y a encore beaucoup de choses à faire.

Le repérage précoce de l'autisme, quelque chose d'"essentiel". Il pointe par ailleurs le problème lié à la détection de l'autisme : "La détection se fait entre 6 et 7 ans alors qu'elle devrait se faire entre 1 et 2 ans." L'Assemblée a voté unanimement un dispositif en ce sens vendredi, visant à favoriser un repérage précoce de l'autisme et la mise en place d'un parcours de soins pour les enfants repérés.

"C'était essentiel", commente Samuel Le Bihan qui a par ailleurs décrit les premiers symptômes de l'autisme : "L'enfant ne montre pas du doigt, il n'attrape pas le langage. (...) Ma fille prenait les objets pour les sensations qu'elle en avait et non pas pour leur utilisation. On n'a pas le regard de l'enfant. C'est assez déroutant pour les parents." Mais, "chaque enfant a un autisme différent", souligne-t-il.

Un livre pour apprendre "ce qu'est l'autisme, en douceur". Si l'autisme est "un vrai problème de santé publique", Samuel Le Bihan a toutefois tenu à ce que son livre "soit une belle histoire". "A travers cette histoire émouvante et drôle, on apprend ce qu'est l'autisme, en douceur."