La fellation augmente le risque de cancer

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Europe1.fr (avec AFP) , modifié à
L’augmentation de certains types de cancers serait due à l’évolution des pratiques sexuelles.

Les filles ont désormais un argument (de taille) pour dire non ! Selon une récente étude américaine, la pratique de la fellation augmente les risques de cancer de la cavité buccale. Ce type de cancer s’est fortement développé ces trente dernières années en raison de la transmission papillomavirus infectés, lors de rapports bucco-génitaux, selon des travaux parus mercredi.

Changements de pratiques sexuelles

"Plusieurs recherches montrent un accroissement de la fréquence des cancers oropharyngés avec une proportion croissante de ces tumeurs résultant d'une infection de papillomavirus humains chez des sujets devenus sexuellement actifs très jeunes et ayant eu de multiples partenaires", écrivent les auteurs de cette recherche.

"Les causes possibles de cette augmentation font l'objet de nombreuses discussions mais les changements de pratiques sexuelles ces dernières décennies à savoir l'accroissement des relations bucco-génitales et du nombre de partenaires" paraissent être les principales raisons, soulignent-ils dans cette communication publiée par les Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Le french kiss, dangereux ?

Ils citent également une petite étude menée auprès d'étudiants américains selon laquelle "embrasser avec la langue" pourrait aussi être liée à ces cancers. Ce constat a conduit le Centre international de recherche sur le cancer à reconnaître ces papillomavirus comme un facteur de risque des cancers oropharyngés en plus du tabagisme et de la consommation d'alcool, les causes traditionnelles.

Ces virus étaient jusqu'alors connus pour être responsables de la plupart des cas de cancer du col de l'utérus contre lequel il existe désormais deux vaccins efficaces chez les jeunes filles, avant qu'elles ne deviennent sexuellement actives. "La possibilité que nous soyons confrontés à une épidémie de cancers de la voie buccale résultant d'infections avec des papillomavirus exige toute l'attention", juge le Dr Torbjörn Ramqvist, professeur au Karolinska Institutet en Suède, coauteur de cette étude.

Sept fois plus de cancer des amygdales

Exemple de cette épidémie, à Stockholm, l'incidence du cancer de l'amygdale résultant d'une infection de papillomavirus a été multipliée par sept en trente ans. Les cancers oropharyngés provoqués par une telle infection représentent désormais le tiers des cancers de la cavité buccale diagnostiqués chaque année en Suède.

Si cette tendance se poursuit, ces tumeurs buccales transmises sexuellement compteront pour la moitié des cancers oropharyngés en Suède et probablement aussi aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas entre autres, estiment ces chercheurs.