"J’ai toujours su que j’étais séropositif"

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"J’ai toujours su que j’étais séropositif"
A 20 ans, on peut conjuguer avec bonheur séropositivité et vie amoureuse.@ MAXPPP
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TEMOIGNAGE - A 20 ans, ce séropositif de naissance, raconte son quotidien avec la maladie.

A 20 ans, il n’a jamais connu d’autre quotidien que celui d’un malade attient du VIH. "J’ai toujours sur que j’étais séropositif", raconte ce jeune homme, contaminé par sa mère à la naissance, et qui témoigne pour Europe 1 à l’occasion de la Journée mondiale contre le Sida. "A neuf ans, j’ai eu un cancer, et j’ai déclaré mon Sida".

Dans son entourage, les réactions ont été diverses. "J’en ai parlé à des amis. Certains m’ont rejeté, d’autres sont restés", lance-t-il sans amertume. "Je n’en veux pas à ceux qui sont partis, je les comprends. Par contre, je remercie ceux qui sont restés. C’est vraiment une question d’éducation. Les gamins répètent ce que disent leurs parents."

Surtout, le jeune homme est heureux d’être, depuis quatre ans maintenant, la preuve qu’on peut conjuguer séropositivité et vie amoureuse. "On s’est rencontrés au lycée. Avant notre première relation, je lui ai dit que j’étais séropositif. Elle ne m’a pas rejeté, ni rien", sourit-il. "Je pense que c’est vraiment l’amour qui fait qu'elle m’accepte comme je suis."

"J’aurais des enfants"

Et côté sexualité ? "On se protège. C’est sûr que dans la vie amoureuse, de tout le temps se protéger ce n’est pas évident. Après chaque rapport, je vérifie que le préservatif n’a pas craqué", explique le jeune homme. "Il y a un an et demi, on a eu un accident. Il y a un préservatif qui a craqué. Elle a été sous trithérapie pendant trois mois, mais il n’y a rien eu. Si elle l’attrape, je m’en voudrais, c’est sûr. J’aurais de la peine pour elle, mais je pense qu’elle ne m’en voudrait pas."

Mais la maladie n’empêche pas les projets d’avenir. "Bien sûr que j’aurais des enfants. Ce n’est pas parce qu’on est malade qu’on n’a pas le droit au bonheur", conclut-il.

Aujourd’hui, 30 millions de personnes vivent avec le Sida à travers le monde. Elles sont 150.000 environ en France. Mais plusieurs estimations font état de 50.000 malades qui s’ignorent dans le pays. Le gouvernement a donc décidé de lancer une campagne de dépistage à partir de mercredi, et jusqu’au 21 décembre.