IVG médicamenteuse : des effets secondaires à ne pas banaliser

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IVG médicamenteuse : des effets secondaires à ne pas banaliser
L'ivg médicamenteuse peut être réalisée au domicile de la patiente, mais présente des risques. @ PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Plus d'un quart des femmes ayant réalisé une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse ont perçu des "douleurs très intenses". 

Douleurs très intenses, saignements abondants... L'IVG médicamenteuse, méthode de plus en plus utilisée, peut avoir d'importants effets secondaires dont les femmes ne sont pas toujours suffisamment informées, montre une étude publiée vendredi.

Douleurs et saignements. Plus d'un quart (27%) des femmes ayant réalisé une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse ont perçu "des douleurs très intenses" (notées 8 ou plus sur une échelle de 10) et un tiers a eu des saignements qui leur ont paru "inquiétants" ou "très inquiétants", montre une enquête menée par deux épidémiologistes de l'Inserm auprès de 453 femmes, et présentée vendredi par la Fondation de l'avenir. Et beaucoup expliquent qu'"elles auraient préféré être davantage informées, notamment sur les saignements", a précisé Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles, co-auteure de l'étude.

Jusqu'à 5 semaines de grossesse. Ces résultats contrastent avec "l'idée générale dans le public et le milieu hospitalier où l'IVG médicamenteuse est perçue comme simple, facile d'accès, rapide. La douleur n'était pas du tout étudiée", a souligné Philippe David, chef de service du centre IVG de la clinique Jules-Verne de Nantes, qui a piloté l'étude. Autorisée depuis 1990, la technique médicamenteuse a représenté plus de la moitié (57%) des IVG réalisées en 2015, selon la direction études et statistiques du ministère des Affaires sociales. Elle consiste à prendre un médicament qui bloque le développement de la grossesse puis, 36 à 48 heures plus tard, un autre qui déclenche l'expulsion. Elle peut être pratiquée jusqu'à 5 semaines de grossesse (et jusqu'à 7 semaines en établissement de santé).

Risque d'isolement. Par rapport à la méthode par aspiration, réalisée à l'hôpital, la technique médicamenteuse est plus "simple", ne comporte pas de geste intrusif ni d'anesthésie, et la femme est dans le cadre familier de son domicile, reconnaît le Dr David. Mais il ne faut pas pour autant la "systématiser", "il est important que les femmes aient le choix et qu'on prenne en compte la situation de chacune", a-t-il expliqué. La durée du processus et le risque d'isolement doivent notamment être pris en compte.