Ils arrivent à recréer le virus de la variole avec du matériel acheté sur Internet

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Ils arrivent à recréer le virus de la variole avec du matériel acheté sur Internet
Une photo d'une souche de la variole transmise par le Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, à Atlanta, aux Etats-Unis. @ CENTER FOR DISEASE CONTROL / AFP
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Deux chercheurs canadiens ont réussi à recréer une souche active du virus, pour inciter le monde à rester vigilant. 

Ils ont réussi à recréer en laboratoire une souche active de la variole, maladie mortelle et ultra contagieuse disparue il y a quarante ans, à partir de fragments d’ADN.... et de matériel acheté sur internet. "Pour ce travail, qui leur a pris six mois […] David Evans et Ryan Noyce, docteurs et virologues à l’université d’Alberta à Edmonton, au Canada […] ont commandé du matériel génétique sur Internet pour un coût total de 100.000 dollars (environ 88.000 euros) ", rapporte lundi Le Figaro.

Une souche équine de la maladie. Les deux chercheurs canadiens n’ont créé qu’une souche équine de la maladie, non transmissible à l’homme. Mais ils expliquent que leur technique permet de fabriquer une souche de la maladie contagieuse pour l’homme. "Le travail de David Evans et Ryan Noyce ‘n’a pas requis de connaissance ou d’expertise biochimiques exceptionnelles, ni d’investissement ou de temps particulièrement importants’", explique le Figaro, citant un rapport de l’OMS publié en novembre 2016, alors que les travaux des chercheurs n’étaient pas encore publiés. 

Inciter à la vigilance et relancer la recherche. L’objectif des chercheurs est de prouver qu’avec des moyens techniques limités, accessibles à d’éventuelles âmes malveillantes, on peut recréer une source active de ce virus mortel (et très contagieux) disparu de la surface de la terre depuis près de quarante ans.  Les virologues canadiens entendent ainsi inciter les autorités sanitaires du monde entier à ne pas baisser en vigilance concernant le virus. 

La disparition de la maladie à la fin des années 70 s’est en effet accompagnée de la diminution des stocks de vaccins disponibles et d’un relâchement de la recherche en la matière. Aujourd’hui, il existe deux exemplaires du virus de la variole, conservés dans des laboratoires américain et russe. Mais ces deux dernières souches sont au cœur d’une polémique vieille de quarante ans : faut-il ou non les détruire ? "La destruction des dernières souches éviterait des contaminations accidentelles, mais elle empêcherait aussi de mettre au point de nouveaux vaccins en cas de retour de la maladie, de manière naturelle, ou criminelle. Et aujourd’hui, cette dernière option ne peut plus être écartée", résume Le Figaro.

Dans le magazine Science, qui a révélé l’étude la semaine dernière, les deux scientifiques expliquent que la recherche sur de nouvelles souches de synthèses permettraient de travailler à l’avenir sur la fabrication de nouveaux vaccins.


La variole, qu'est-ce que c'est ? 

La variole est une maladie infectieuse d'origine virale, extrêmement contagieuse et qui peut être mortelle. Elle était caractérisée par une éruption de taches rouges devenant des vésicules, puis des pustules. Le virus a fait des centaines de millions de morts et est responsable de la disparition de populations autochtones en Amérique, en Afrique et en Asie. Le dernier cas aux Etats-Unis remonte à 1949 et le dernier cas dans le monde a été repéré en Somalie en 1977. Une vaste campagne de prévention et de vaccination lancée par l’OMS à la fin des années 60 avait permis d’éradiquer totalement la maladie dix ans plus tard.