"Il ne faut pas accabler l’hôpital", assure Claude Evin

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"Il ne faut pas accabler l’hôpital", assure Claude Evin
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L’ancien ministre de la Santé est revenu mardi sur Europe 1 sur le rapport alarmant publié par le médiateur de la République.

Un climat de méfiance et d'agressivité s'est installé entre malades et soignants du milieu hospitalier, c’est ce que ressort d’un rapport du médiateur de la République. Il aurait reçu près de 5.000 plaintes à ce sujet en 2009. Pour Claude Evin, il ne faut pas avoir peur de ce que deviennent nos hôpitaux. "L’hôpital est un lieu de tension, lieu où malheureusement où la souffrance est naturellement présente, c’est le lieu l’on meurt. C’est le seul lieu public où se cristallise beaucoup de conflits, parce que c’est le seul service public qui est ouvert 24 heures sur 24", a expliqué mardi soir sur Europe 1 l’ancien ministre de la Santé et directeur de la future agence régionale de santé d’Ile-de-France.

"On demande beaucoup à l’hôpital. Il ne faut pas accabler l’hôpital. Pour autant, il faut aussi que l’hôpital soit conscient de la nécessité qu’il a de bouger, de se moderniser, d’évoluer, d’assurer la qualité de prise en charge. Globalement la prise en charge est bonne à l’hôpital", a assuré Claude Evin.

Pour l’ancien ministre, les violences dont fait état le rapport sont liées notamment à "des mauvaises organisations. Le temps d’attente aux urgences, par exemple, et parfois même le temps d’attente lors de consultations externes ce n’est pas normal". Claude Evin a affirmé que le problème n’est pas dû au manque de moyens humains dans les hôpitaux. "Si ce n’était que cela, ce serait déjà résolu", a-t-il indiqué. "On ne peut pas donner une appréciation globale : il y a des situations très différentes entre les établissements, et même à l’intérieur même des établissements entre les services". "Je sais que c’est souvent une absence d’attention et une absence de prise de conscience : une personne malade a des droits", a-t-il certifié.

Pour autant, Claude Evin n’a pas estimé essentiel de redonner des moyens aux hôpitaux, alors que l’hôpital public est en passe de réduire ses effectifs. 1.000 postes doivent être effectivement supprimés en 2010, dans les hôpitaux parisiens. "Premièrement, les moyens viennent des cotisations des Français de la sécurité sociale. Deuxièmement, dans les hôpitaux, il n’y a pas que médecins et infirmières. Et aujourd’hui, avec des techniques très pointues, on arrive à faire faire des examens par les machines qui en effet conduisent à ce que l’on ait moins besoin de laborantins, par exemple. (…) Quand on supprime des emplois à l’hôpital, il ne s’agit pas de considérer que c’est une suppression des moyens".

Enfin, Claude Evin a tenu à rappeler que "le parlement vote une augmentation des moyens pour la santé de l’ordre 3% chaque année. Il n’y a pas beaucoup d’autres politiques publiques qui voient une augmentation aussi importante de leurs moyens.