Grippe A : Bachelot se défend

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Grippe A : Bachelot se défend
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La ministre de la Santé s’est expliquée devant le Sénat sur sa gestion de la pandémie.

La saga grippe A continue. Achat en masse de vaccins, indépendance des experts, information des médecins généralistes, négociations avec les laboratoires : la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a défendu tous azimuts, mardi au Sénat, sa gestion de la lutte contre la pandémie de grippe H1N1.

La commission d'enquête sur "le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la grippe H1N1", mise en place à l'initiative des communistes et du Parti de gauche, était présidée par François Autain (Parti de gauche), avec Alain Milon (UMP) comme rapporteur.

Liens d'intérêt, pas conflits d'intérêt

Les sénateurs ont balayé tous les sujets, des 94 millions de doses achetées à l'impartialité des experts, des négociations avec les laboratoires aux médecins tenus à l'écart. L'audition, au ton parfois âpre, a duré plus de deux heures et demie. François Autain a interrogé la ministre sur l'influence des laboratoires pharmaceutiques et sur la neutralité des experts auxquels la loi impose de préciser leurs liens avec les laboratoires. Mais leurs déclarations ne sont pas vérifiées et il n'y a pas de sanction en cas d'omission.

"Ce n'est pas parce qu'un expert va travailler pour un laboratoire que son expertise n'est pas valable ou qu'elle est orientée", a dit Roselyne Bachelot. "Les liens d'intérêt ne sont pas forcément des conflits d'intérêt". "Nous devons mobiliser les professionnels les plus compétents, et dans un domaine donné leur nombre est compté", a-t-elle souligné. Elle a affirmé aussi que les expertises étaient toujours rendues "de façon collégiale et plurielle".

Pour justifier les 94 millions de doses commandées, elle a rappelé que les acquisitions avaient été "dimensionnées de façon à pouvoir proposer la vaccination à l'ensemble de la population". Les laboratoires, a-t-elle dit, demandaient "des commandes fermes", "les quantités obtenues au début étant proportionnelles aux quantités commandées". Devant la presse, elle a indiqué qu'elle allait travailler avec les parlementaires "pour renforcer la confiance que les Français doivent avoir dans l'expertise scientifique".

Négociations toujours en cours

La ministre a fait le point sur les négociations avec les laboratoires suite à l'annulation de commandes de 50 millions de vaccins, en réitérant ce qu'elle avait fait plus tôt à l'Assemblée : un contrat d'indemnisation a été signé avec Novartis, d'un montant de 16% du contrat initial, et les négociations "continuent" avec les autres laboratoires, GSK et Sanofi-Pasteur.

"Si nous ne parvenons pas à une démarche transactionnelle, nous notifierons à ces laboratoires une indemnisation unilatérale sur les mêmes bases que le contrat Novartis, de 16%", a dit la ministre. Devant les journalistes, elle a précisé que ces négociations allaient être finalisées "dans les jours qui viennent".