François Bricaire : "On ne devrait plus mourir de la rougeole aujourd'hui"

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Alors qu'une femme est morte de la rougeole au CHU de Poitiers, François Bricaire, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, souligne sur Europe 1 l'importance de la vaccination.

INTERVIEW

En 2018, la rougeole tue encore : une jeune femme en est morte le 10 février dernier à Poitiers, a annoncé l'Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine mardi. Âgée de 32 ans, elle n'était pas vaccinée. C'est bien là tout le problème, affirme François Bricaire, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. "Les progrès de la médecine et en particulier de la vaccination font qu'on ne devrait plus mourir de la rougeole", explique le médecin sur Europe 1.

"Un très bon vaccin en termes d'efficacité". "Du moment qu'on est vacciné, on est protégé", lance-t-il dans Europe Soir, alors que la rougeole fait partie des onze vaccins désormais obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier. "C'est un très bon vaccin en termes d'efficacité", souligne François Bricaire. "Les gens qui sont plus âgés et qui ont naturellement rencontré le virus de la rougeole avant que n'apparaisse la vaccination sont eux aussi protégés", précise-t-il. Or, depuis 2008, aucun département n’assure une couverture vaccinale à 95% de sa population, comme le recommande pourtant l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Huit départements français affichent même une couverture inférieure à 70% (Orne, Lot, Jura, Gers, Aude, Ariège, Hautes-Alpes et la Réunion), les Hautes-Alpes fermant la marche, avec seulement 61,9% de vaccinés...

Entendu sur Europe 1
Du moment qu'on est vacciné, on est protégé

Deux grands types de complications. Dans les faits, la maladie est souvent bénigne. "Mais il y a des formes sévères qui peuvent conduire à des réanimations et des décès", rappelle l'infectiologue, qui cite deux grands types de complications : "des complications respiratoires avec des surinfections qui peuvent apparaître et des complications neurologiques avec des encéphalites qui sont particulièrement graves". L'épidémie qui sévit en Nouvelle-Aquitaine depuis le début novembre 2017, "persiste" dans cette région, selon l'ARS qui recense à ce jour 269 cas confirmés, dont un sur quatre (66) a nécessité une hospitalisation, et pour quatre des patients une admission en réanimation. "Parmi les maladies infectieuses, c'est une des plus contagieuses", note encore le médecin. "Souvent, on l'oublie".

Pour enrayer la propagation dans la région, les services hospitaliers ont décidé de généraliser le port du masque. Une vaste opération de vérification de la vaccination des personnels soignants a également été lancée.