Faut-il avoir peur des anesthésies ?

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OPÉRATION - L'anesthésie a fait d'énormes progrès depuis cinquante ans et les risques sont aujourd'hui très réduits, même lors d'une anesthésie générale.

Parfois, le mot seul suffit à inquiéter. Mais les anesthésies sont-elles réellement risquées ? "On en a peur naturellement parce qu'il y avait des risques il y a des dizaines d'années", explique le docteur Gérald Kierzek au micro d'Europe 1. Mais "en cinquante ans, le risque a été divisé par 100. C'est probablement la spécialité médicale qui a fait le plus de progrès." Des progrès techniques, sur les machines et les produits utilisés. Mais également sur le parcours de soins.

Un parcours de soin sécurisé. Celui-ci comporte une consultation une semaine avant la date prévue de l'anesthésie. "Cela permet d'identifier les patients à risques", précise Gérald Kierzek. Un examen, même très rapide, de la luette par exemple, peut servir à identifier une éventuelle difficulté d'intubation. Une autre visite pré-opératoire, quelques heures avant le passage au bloc, vient compléter ce parcours de soin, à la recherche d'une fièvre ou d'une infection qui serait de nature à compromettre l'anesthésie.

Une procédure sécurisée. L'acte chirurgical lui-même est très encadré. "La procédure est sécurisée avec l'infirmier et le médecin anesthésiste." L'anesthésie est l'équivalent d'un "coma artificiel plus profond [que le sommeil]", rappelle Gérald Kierzek. "On va donner des hypnotiques pour provoquer le sommeil." Des médicaments à base de morphine sont également administrés pour diminuer ou faire disparaître la douleur. Enfin, l'anesthésiste peut utiliser des curares pour bloquer les muscles respiratoires, mais ce n'est pas obligatoire.

Pas plus de risques avec une anesthésie générale. Contrairement aux idées reçues, les anesthésies générales ne sont pas plus dangereuses que les anesthésies locales ou loco-régionales. "Il n'y a pas plus de risques mais les risques sont différents", souligne le médecin. Surtout respiratoires dans le cas d'une anesthésie générale, il peut s'agir de lésions lorsqu'une anesthésie locale est pratiquée. Et les risques allergiques sont les mêmes, puisque des produits sont injectés dans les deux cas. Enfin "il n'y a pas plus de risques si l'anesthésie est longue."