08/02/2018 - 15h04

Face à la calvitie, la recherche fait un pas en avant

© PATRIK STOLLARZ / AFP

70% des hommes sont, à un moment où à un autre de leur vie, confrontés à une "alopécie", communément appelée "calvitie". Pour 20% des hommes, le phénomène intervient même entre 20 et 30 ans. Concrètement, on parle "d’alopécie" lorsque la chute dépasse les 100 cheveux par jour, à tel point que le crâne s’éclaircit sensiblement (et parfois même totalement) au niveau du front, du sommet du crâne ou des tempes. Et si les causes générales de ce phénomène sont de mieux en mieux connus, aucun traitement n’est encore parvenu à inverser le phénomène. Jusqu’à ce que de nouvelles recherches viennent relancer les espoirs de tous les chauves du monde.

#  Quelles sont les causes de la calvitie ?

Le type le plus courant d’alopécie est appelé "androgénétique". La calvitie serait, avant tout, liée à un excès d’hormone mâle, et dépendrait du patrimoine génétique de chacun. En clair, la majeure partie des calvities est héréditaire. Si le phénomène touche avant tout les hommes, il n’épargne pas non plus les femmes. Un sondage Ifop en date de 2014 estime à 2% le nombre de Françaises concernées, et 3% des plus de 65 ans.

 L’autre type d’alopécie la plus courante est dite "diffuse" ou "aigue", et peut être due à un excès de stress, à des carences alimentaires importantes (en fer, notamment), à des troubles hormonaux ou du métabolisme (la thyroïde, par exemple) mais aussi à certains traitements, à l’instar de la chimiothérapie. Certaines maladies de peau ou des inflammations au niveau du bulbe (liées à un excès de pellicules, par exemple) peuvent également expliquer la calvitie.

# Existe-t-il des traitements ?

La totalité des traitements ayant fait leur preuve servent à ralentir ou, au mieux, stopper la chute des cheveux, et seulement si celle-ci n’est pas déjà trop avancée. En clair, aucun traitement ne permet de les faire repousser.

Pour renforcer naturellement votre cuir chevelu, optez déjà pour une alimentation variée, riche en cuivre, en zinc, en silicium, en vitamines B et en acides gras essentiels. Evitez ensuite les shampoings "secs" (privilégiez donc les shampoings doux au ph neutre), les teintures et de gels, qui agressent le cuir chevelu, et de vous rincer les cheveux avec une eau trop chaude. Protégez-vous aussi autant que possible du soleil.

En pharmacie, vous pouvez également vous procurer des lotions antichute ou des compléments alimentaires, plus ou moins efficaces (le Figaro Santé en a recensé quelques-uns). Sur ordonnance de votre médecin, vous pouvez également opter pour un traitement médicamenteux, à base de minoxidil  et finastéride par exemple, deux traitements qui agissent sur les causes du mal. Mais attention : ces traitements ne sont pas dénués d’effets secondaires, à l’instar d’une perte possible de libido ou l'apparition d'une dépression par exemple.

# Où en est la recherche en la matière ?

Tous ces traitements pourraient, toutefois, devenir totalement obsolètes d’ici à dix ans, date avancée par de nombreux scientifiques pour la commercialisation d’un nouveau produit révolutionnaire.

Depuis quelques années, en effet, les chercheurs travaillent à une méthode de culture de "germes de follicules pileux". En clair, il s’agit ni plus ni moins de cloner des cheveux. Les chercheurs savent désormais isoler les cellules responsables de la formation des cheveux, les extraire et les cultiver en laboratoire, pour ensuite les réimplanter dans le cuir chevelu.

Ainsi, contrairement à un implant traditionnel qui se contente de regarnir le crâne, il s’agirait là d’un implant qui permettrait aussi de relancer la croissance des cheveux. Des recherches sur des hommes sont actuellement en cours en Grande-Bretagne. Mais tout récemment, c’est au Japon qu’a été réalisée l’avancée qui semble la plus importante. Alors que la plupart des expériences n’avait permis jusque-ici que la culture d’une cinquantaine de germes de follicules pileux, des chercheurs de l’université de Yokohama sont parvenus à en cultiver… 5.000 d’un coup ! "Cette méthode simple est très robuste et prometteuse. Nous espérons que cette technique améliorera la thérapie regénérative des cheveux humains afin de traiter la perte des cheveux", a commenté le professeur Junji Fukuda, qui dirigeait l’équipe, dans la revue scientifique Biomaterials.

Les résultats ont été atteints in vitro à partir d'un mélange de cellules humaines et épiderme de souris, d’où l’appel à la patience des scientifiques : les tests sur les humains ne seront probablement pas réalisés avant cinq ans, pour une commercialisation espérée en 2028. Mais elle ouvre clairement un nouvel espoir.