Don d'organes : un "trou d'air" préoccupant en 2018 selon l'Agence de biomédecine

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Don d'organes : un "trou d'air" préoccupant en 2018 selon l'Agence de biomédecine
Malgré un taux de refus en recul, la situation est inquiétante pour les dons d'organes en France.@ MYCHELE DANIAU / AFP
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Pour le responsable du prélèvement et des greffes à l'Agence de la biomédecine, cette baisse est un des symptômes des "tensions dans l'organisation des hôpitaux".

Les prélèvements d'organes tels que le rein, le cœur et le foie ont baissé depuis le début de l'année, traversant même un "trou d'air" au premier semestre, s'est inquiété mardi le professeur Olivier Bastien, responsable du prélèvement et des greffes à l'Agence de la biomédecine.

Environ 40 donneurs en moins. Le nombre annuel de donneurs prélevés affiche une nette baisse sur les premiers mois, et la prévision annuelle à août s'établit à seulement 1.882 donneurs, contre 1.930 attendus, après les bons chiffres de 2017 et "presque dix ans de hausse continue". "C'est inquiétant, 40 donneurs qui manquent, cela peut faire 150 greffes en moins", plusieurs organes pouvant être prélevés chez chaque donneur, observe-t-il.

L'épisode grippal en cause ? Ce trou d'air est "peut-être lié à l'épisode grippal qui a mobilisé l'hôpital en début d'année, mais le système de santé doit être capable d'absorber ce type d'événement sans se 'gripper' justement", souligne-t-il. "Les prélèvements d'organes sont peut-être un baromètre des tensions dans l'organisation des hôpitaux, je dis parfois que les greffes sont un peu le canari qui annonce le coup de grisou", poursuit-il, dans une allusion à cet oiseau utilisé autrefois dans les mines pour anticiper les catastrophes.

Un taux de refus à 30%. "Nous avons alerté les pouvoirs publics", assure-t-il. "On constate en 2018, pour la première fois depuis de nombreuses années, une baisse sensible, dans certaines régions, du prélèvement, alors même qu'il n'existe pas d'augmentation du taux de refus", souligne l'Agence. Le don d'organes repose en France sur le consentement présumé, qui veut que toute personne soit donneuse après son décès, sauf si elle a exprimé un refus de son vivant. À défaut de consigne écrite, la famille peut attester la volonté du donneur, par écrit. Le "taux de refus" est d'environ 30%, en recul de 3% l'an dernier.