Des résidus de glyphosate retrouvés dans les urines de Delphine Batho, Emily Loizeau et Alex Visorek

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Des résidus de glyphosate retrouvés dans les urines de Delphine Batho, Emily Loizeau et Alex Visorek
Le glyphosate entre dans la composition d'herbicides comme le RoundUp de Monsanto.@ AFP
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L'ONG Générations Futures a fait analyser les urines de personnes des deux sexes, âgées de 8 à 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l'alimentation variable.

Des résidus de glyphosate, substance classée "cancérogène probable" par une agence de l'ONU, ont été retrouvés dans les urines d'un échantillon de 30 personnes, indique jeudi l'ONG Générations Futures qui a fait réaliser les tests. L'association a fait analyser les urines matinales de personnes des deux sexes, âgées de 8 à 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l'alimentation variable (biologique ou non, végétarienne ou non). Parmi elles figurent des personnalités comme l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho, la chanteuse Emily Loizeau, l'animatrice de radio Charline Vanhoenacker ou encore l'humoriste Alex Visorek.

"100% des échantillons analysés contenaient du glyphosate à une concentration supérieure à la valeur minimale de quantification du test", soit 0,075 ng/ml, indique Générations Futures dans un communiqué. La concentration moyenne trouvée est de 1,25 ng/ml d'urine, précise-t-elle. La valeur la plus faible est de 0,09 ng/ml, la plus élevée de 2,89 ng/ml. Dans la quasi-totalité des cas (29 sur 30), la concentration est supérieure à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l'eau distribuée (0,1 ng/ml).

Probable cancérogène selon le CIRC. Le glyphosate entre dans la composition d'herbicides comme le RoundUp de Monsanto, le plus vendu au monde. L'association souhaite que "les autorités européennes prennent conscience de l'urgence à agir et interdisent enfin cette molécule considérée comme probablement cancérogène pour l'homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer" (CIRC), une branche de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), explique Générations Futures.

Une bataille autour de la licence. Le glyphosate a fait l'objet d'une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l'Union européenne (UE) en 2016. Bruxelles a prolongé temporairement fin juin l'autorisation de la substance, en attendant la publication d'un nouvel avis scientifique au plus tard fin 2017, tout en restreignant ses conditions d'utilisation. En mars, à la différence du CIRC, les experts de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont estimé que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérogène.

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Crédit : Laurence SAUBADU, Kun TIAN, Alain BOMMENEL / AFP