Crise sanitaire : la France championne des stocks ?

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Crise sanitaire : la France championne des stocks ?
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Dotée de tout le matériel nécessaire en cas de pandémie ou d’attaque biologique, la France peine à gérer ses réserves.

En cas de crise sanitaire, il ne faut manquer de rien. Et c’est l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), créé en 2007, qui s’en assure, en gérant les stocks de santé pour l’ensemble de la France.

Avec 94 millions de doses de vaccins, 1,7 milliard de masques et 33 millions de doses de Tamiflu, la France a été prévoyante en cas de pandémie de grippe A. Un peu trop même. Elle commence à revendre à l'étranger une partie de son stock de vaccins. Sur les 94 millions de doses commandées, seuls 5 millions ont été utilisés.

« La France est l’un des pays au monde qui a le plus gros stock de santé après les Etats-Unis », explique Jean-Jacques Jégou. Ce sénateur centriste a remis un rapport à Roselyne Bachelot, en juillet dernier, sur la gestion des stocks par l’Eprus. Une enquête menée avant la pandémie de grippe A. Il y pointait du doigt des problèmes de logistique, de recensement et de contrôle de la qualité des stocks. «J’ai visité un centre de stockage où le Tamiflu été entreposé sous une verrière », explique-t-il.

Six mois plus tard, l’heure est au bilan. « La pandémie de grippe A a fait office de premier test pour l’Eprus. Et on peut dire qu’elle a été totalement absente dans le dispositif de communication sur la grippe A », confie le sénateur, soulignant que des doses de Tamiflu achetées en 2004 et aujourd’hui périmées dorment encore dans des cartons de l’Eprus.

Le ministère de la Santé a affirmé au sénateur que les principales recommandations de son rapport avaient été suivies. « Mais je n’ai pas eu le détail de ce qui a été fait », explique-t-il, ajoutant que la France « a beau être l’un des pays les mieux préparés au monde en cas de pandémie, on voit, dans la pratique, que le résultat est peu concluant.» Depuis la polémique sur la revente des vaccins, l’Eprus refuse de faire tout commentaire.