Crise cardiaque : les signes qui doivent alerter

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À l'occasion de la Journée mondiale du cœur, Question de santé a reçu le professeur Claire Mounier-Véhier, présidente de la Fédération Française de Cardiologie. 

Avoir bon cœur, c'est une chose. Avoir un bon cœur, c'en est une autre. À l'occasion de la Journée mondiale du cœur, Question de santé a reçu le professeur Claire Mounier-Véhier, présidente de la Fédération Française de Cardiologie. Elle tire la sonnette d'alarme sur la méconnaissance des symptômes de l'infarctus chez les femmes et donne quelques conseils à suivre pour faire palpiter son cœur sans risque.

>> Le cœur, cet inconnu. Il nous permet de vivre, mais c'est sans doute l'un des organes que nous connaissons le moins. "Le cœur est un muscle qui pèse environ 500 grammes", précise Gérald Kierzek et qui mesure environ 13 cm x 8 cm. C'est un muscle, appelé myocarde, avec quatre cavités qui vont pomper du sang, qui n'est pas oxygéné, dans les poumons. Avec l'oxygénation, le sang va être repompé dans l'autre sens et part irriguer tous les autres organes du corps. Ce sont environ 5 litres de sang qui circulent ainsi dans l'organisme. Chaque minute, on compte en moyenne entre 60 et 80 pulsations cardiaques.

>> En France, 1 femme sur 3 meurt de la maladie cardio-vasculaire. "C'est la première cause de mortalité et on constate une progression de l'infarctus chez les femmes de moins de 55 ans", témoigne Claire Mounier-Véhier. Mais chez les femmes les symptômes sont particuliers, bien qu'elles soient aussi victimes des couleurs thoraciques typiques : palpitations, grosse fatigue et essoufflement à l'effort, notamment. "Ce sont des facteurs qui doivent alerter chez une femme qui a des facteurs de risques", explique le professeur. Attention donc si vous éprouvez des difficultés progressives à monter les escaliers ou accomplir de simples gestes du quotidien sans être essoufflée.

"Chez la femme, c'est rarement quelque chose de brutal", prévient Claire Mounier-Véhier. "C'est une progression dans le temps".

>> Ménopause et crise cardiaque. La période délicate se situe juste avant la ménopause définitive : "celle où les règles commencent à s'espacer et où les femmes commencent à prendre du poids", précise le professeur. Par ailleurs, le traitement hormonal de la ménopause ne se donne pas en prévention de problèmes cardiaques.

>> Les femmes moins bien soignées que les hommes ? La théorie du genre s'applique aussi aux maladies cardiaques : "médecins et patients ont tendance à penser que c'est une maladie d'homme", raconte Claire Mounier-Véhier. Les opérations de triple pontage fonctionnent chez la femme, mais les artères étant plus petites, elles se rebouchent plus facilement, occasionnant des risques de récidives.

>> La bedaine : une influence sur la santé cardiaque ? "Il ne faut pas qu'elle soit trop grosse", sourit Gérald Kierzek. La "bedaine" augmente le risque cardio-vasculaire car la graisse se trouvant à l'extérieur "est le reflet de la graisse qui se trouve à l'intérieur du corps, notamment autour des viscères et du cœur", explique le docteur.

Le tour de hanche est donc à surveiller car la bedaine peut être plus dangereuse que le surpoids : "La limite, c'est 94 cm chez les hommes et 80 cm chez les femmes", ajoute Gérald Kierzek.

 

Les 5 conseils à suivre pour entretenir son cœur

>> Le tabac, c'est tabou. Presque la totalité des personnes qui font un infarctus du myocarde avant 45 ans sont des fumeurs. Le tabac est un facteur de risque majeur car il encrasse les poumons et les artères. Chez les hommes, une des causes de l'impuissance est le tabac puisque dans certains cas, les artères péniennes sont bouchées.

>> On se bouge ! Il faut muscler son cœur et éviter la sédentarité. Tous les moyens sont bons comme monter les escaliers ou faire du sport d'endurance comme la natation, le vélo ou la marche nordique.

>> On privilégie une alimentation variée. Privilégier les viandes blanches notamment, comme le poulet et réduire la dose de sel dans son assiette, mais aussi favoriser les huiles végétales.

>> On prend son pouls. Il faudrait le faire régulièrement. Avec l'index et le majeur, au niveau de la carotide dans le cou, on mesure ses pulsations. Si elles sont irrégulières, ça peut être le signe d'une arythmie et la consultation chez un spécialiste est indispensable.

>> On reste zen. Le stress est le troisième facteur d'infarctus. On se concentre sur sa respiration.