Crash de la GermanWings : faut-il lever le secret médical ?

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Le Bureau d'enquête et d'analyses, qui a confirmé dimanche le scénario du crash volontaire, préconise de lever le secret médical en cas de troubles psychologiques.

Faut-il, dans certains cas, autoriser de lever le secret médical ? Le 24 mars 2015 Andreas Lubitz, copilote de 28 ans pour la compagnie aérienne allemande GermanWings, avait précipité son appareil contre la montagne, dans les Alpes françaises tuant, avec lui 149 passagers et membres d’équipage. Le Bureau d'enquête et d'analyses (BEA), qui a confirmé dimanche le scénario du crash volontaire, a adressé aussi des recommandations parmi lesquelles des "règles claires" afin d'autoriser la rupture du secret médical en cas de troubles psychologiques.

Des dérogations existent déjà.Le secret médical est un devoir pour le médecin et un droit pour le patient, rappelle Gérald Kierzek, médecin urgentiste et chroniqueur sur Europe 1. Il précise que la dérogation au secret médical existe déjà dans certains cas. "Le rôle du médecin du travail est de dire si le patient, en l’occurrence ici le pilote, est apte ou inapte, sans lever le secret médical. Il suffit d'appliquer la loi et les règles."

Obliger les arrêts de travail. Une autre solution porte sur l'arrêt de travail. "On sait que les patients ne les prennent pas toujours", constate le médecin. "On peut imaginer une obligation et une télétransmission de cet arrêt pour être certain que les patients qui ne doivent pas travailler soient bien chez eux et ne prennent pas les commandes d'un avion par exemple."

Des dérives possibles. La levée du secret médical pourrait entraîner des dérives. "Pourquoi on s'arrêterait aux pilotes ? Les chauffeurs de bus, pourquoi pas les automobilistes, pourraient avoir des pathologies qui contre-indiqueraient la conduite automobile. On imagine bien que si l'on commence à lever le secret médical, il pourrait être levé dans un certain nombre de circonstances", relève Gérald Kierzek. "Or il n'y a pas de soins sans confidence et sans confiance, ni de confiance sans secret médical".