Ces médicaments courants qui augmentent le risque de démence

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Ces médicaments courants qui augmentent le risque de démence
@ JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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SANTÉ - Pris à hautes doses par les personnes âgées, plusieurs médicaments augmenteraient le risque de démence.

Ils font parfois partie du quotidien de nos aïeux mais pourraient être un poison pour le fonctionnement de leurs neurones. Certains médicaments, pris à haute dose et ne nécessitant pas forcément une ordonnance, provoqueraient en effet chez les personnes âgées un risque accru de démence. C'est ce que démontre une étude américaine publiée dans le Journal of the American medical association, internal medicine. Elle a étudié les effets de l'anticholinergique, une substance active présente dans plusieurs médicaments.

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Antidépresseur, somnifère, antiallergique. L'étude a déterminé que les personnes prenant par exemple au moins 10 mg/jour de doxépine (un antidépresseur), 4 mg/jour du somnifère diphénhydramine ou 5 mg/jour d'oxybutynine (contre l'incontinence urinaire) pendant plus de trois ans, couraient un risque nettement plus élevé de souffrir de démence. 

Le point commun entre ces médicaments ? La présence d'anticholinergiques qui troublent les transmissions entre neurones, perturbe la mémoire, l'apprentissage ainsi que activité musculaire, précisent les auteurs. Cette substance est aussi présente dans des médicaments accessibles sans ordonnance comme le Bendaryl, un antiallergique. 

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Effets irréversibles. La recherche démontre que le risque de démence pourrait persister même plusieurs années après arrêt du traitement. Sur les 3.500 personnes de plus de 65 ans suivies par les chercheurs américains, 797, soit environ 23% d'entre eux, ont développé une démence, dont la maladie d'Alzheimer. 

Ne plus prescrire d'anticholinergiques ?  "Les médecins traitants devraient régulièrement vérifier les médicaments pris par leurs patients, y compris ceux vendus sans ordonnance, pour voir comment les remplacer tout au moins en partie par des traitements sans anticholinergiques", estime le Dr Shelly Gray, de l'Université de Washington à Seattle et principal auteur de l'étude.

Des alternatives existent en effet précise l'étude, à savoir le Prozac pour les antidépresseurs ou encore le Celexa pour les somnifères. Et même s'il n'y a pas d'alternatives, les chercheurs proposent de réduire la substance incriminée à une dose la plus faible possible qui est efficace.

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Les cerveaux parleront. Certains participants de l'étude ont accepté qu'après leur mort, leur cerveau soit autopsié. Les chercheurs pourront ainsi éclaire les résultats de leur étude en analysant les effets biologiques de la prise d'anticholinergiques.

C'est quoi au fait la démence ? La démence est un syndrome qui touche principalement les personnes âgées et qui se caractérise par une altération de la fonction cognitive. Le raisonnement, la mémoire mais aussi la capacité à réaliser les tâches du quotidien se dégradent, de manière plus importante que ce qu'on pourrait attendre d'un vieillissement normal. 

La démence est causée par des maladies ou des accidents touchant le cerveau, l'accident vasculaire cérébral par exemple. Selon l'OMS, la maladie d'Alzheimer explique 60 à 70% des cas de démence. 

Les benzodiazépines, aussi pointés du doigt. Certains anxiolytiques et somnifères, comme le Lexomil ou encore le Xanax qui comprennent du benzodiazépine, ont aussi été pointés du doigt en septembre 2014 dans une étude du British medical journal. À partir de trois mois de prise, ces médicaments augmenteraient le risque de développer la maladie d'Alzheimer. En France, la durée moyenne de ces traitements est de quatre à cinq mois.
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