Cancers : la peur des jeunes est-elle justifiée ?

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Cancers : la peur des jeunes est-elle justifiée ?
@ PASCAL PAVANI / AFP
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Selon une étude, 74% des 15-18 ans se disent préoccupés par le cancer, dont près de la moitié pour eux-mêmes.

Les jeunes se préoccupent (beaucoup) du cancer. D’après une étude Opinionway, 74% des adolescents "redoutent" ce type de maladies. Parmi eux, 48% s’en inquiètent pour eux-mêmes et 29% pour leurs amis, preuve qu’ils ne voient pas le cancer comme une préoccupation d’adultes. Une peur justifiée, qui incite à développer la prévention. Décryptage.

La deuxième cause de mortalité chez les enfants

Au premier abord, les chiffres de ce sondage peuvent paraître surprenants. En effet, en France, l’âge médian d’apparition d’un cancer se situe autour de 69 ans. Sur les 385.000 cas détectés chaque année, "seuls" 2.550 le sont chez des mineurs (1.750 chez des enfants, 800 chez les adolescents). "La survie des enfants et adolescents atteints de ces cancers s’est améliorée de manière très significative ces dernières décennies et dépasse aujourd'hui les 80 %", explique par ailleurs l’Institut national du cancer.

Pour autant, le sujet n’est pas à prendre à la légère. Chez les jeunes Français âgés de un à quatorze ans, le cancer est la deuxième cause de mortalité derrière les accidents domestiques. Il s’agit de la troisième cause chez les 15-18 ans, derrière les accidents et les suicides. Pour les plus jeunes, les leucémies (28 % des cas), les tumeurs du système nerveux central (SNC) (25 %) et les lymphomes (11 %) font le plus de ravages (près de la moitié de ces cancers surviennent avant l'âge de 5 ans).

Un comportement  qui peut impacter la vie entière

Les cancers les plus fréquents chez les jeunes sont toutefois encore largement méconnus, et il est difficile de mettre en place une campagne préventive avec précision sur les leucémies, les tumeurs du cerveau et les lymphomes.

En revanche, les enfants et leurs parents peuvent dès le plus jeune âge adopter un comportement qui pourra peut-être les sauver plus tard. En effet, 40% des cancers sont évitables, selon la Ligue contre le cancer. Le tabac, première cause du cancer du poumon, le cancer le plus ravageur en France, est par exemple consommé par 40% des moins de 25 ans. D’après une récente étude de l'Institut scientifique de santé publique (ISP), un fumeur vivrait en moyenne huit ans de moins qu’un non-fumeur. Plus on s’y prend tôt pour arrêter – ou au moins diminuer – plus le risque de cancer diminue (selon une étude anglaise plus ancienne, une cigarette diminuerait de 11 minutes l’espérance de vie).

Les jeunes peuvent aussi encore largement soigner leur régime alimentaire : la malbouffe est fortement  soupçonnée d’être responsable du cancer colorectal, deuxième cancer le plus mortel en France. Or, selon l’Inserm, près de 40% des adolescents disent ne pas faire attention à leur alimentation. Et d’après une autre étude de la mutuelle Smerep, 90% des lycéens et des étudiants seraient adeptes du "grignotage" entre les repas. A en croire le sondage OpinionWay, seuls 67% des adolescents verraient d’ailleurs la mauvaise alimentation comme cause potentielle d’un cancer, contre 94% pour le tabac et l’alcool. Et ils sont 53% à s’estimer mal informés, preuve qu’il y a encore beaucoup à faire en matière de prévention.