Cancer du sein : un test sanguin pour pronostiquer une rechute ?

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Cancer du sein : un test sanguin pour pronostiquer une rechute ?
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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La méthode est prometteuse mais elle ne devrait pas être accessible au grand public avant plusieurs années.

La piste suscite un immense espoir. Selon une étude publiée mercredi dans la revue américaine Science Translational Medicine, une analyse de sang pourrait permettre de déterminer si une femme ayant souffert d'un cancer du sein est susceptible de faire une rechute plusieurs mois avant que les nouvelles tumeurs ne soient détectables. Cependant, la méthode n'en est qu'au stade expérimental et ne sera pas accessible avant des années.

Comment l'étude a-t-elle été menée ? Les scientifiques ont prélevé des échantillons de tumeur et de sang chez 55 patientes souffrant d'un cancer du sein à un stade précoce de la maladie. Chacune a été traitée par chimiothérapie et a subi une ablation de la tumeur. Le test a été effectué une première fois juste après l'opération chirurgicale, puis tous les six mois. Sur les quinze femmes ayant connu une rechute de leur cancer, douze avaient été identifiées avec succès par l'analyse de sang. Et ce en moyenne huit mois avant que les tumeurs ne soient visibles avec les moyens conventionnels d'exploration.

Encore des défis à relever. Selon Nicholas Turner, responsable de l'équipe d'oncologie moléculaire de l'Institute of Cancer Research à Londres, quelques défis techniques doivent encore être relevés pour mettre en oeuvre ce test mais il "est relativement économique et l'information qu'il fournit pourrait faire une réelle différence pour les patientes souffrant d'un cancer du sein".

Des années d'attente. Les chercheurs espèrent que la méthode permettra d'affiner les traitements personnalisés contre le cancer et, peut-être, de progresser dans la mise au point d'un traitement définitif. Le diagnostic du cancer du sein est effectué tôt dans 95% des cas, mais déterminer si un traitement a permis de retirer toute la tumeur est crucial pour prévenir rechute et transfert vers d'autres parties du corps. "Il faudra des années avant que ce test soit disponible dans les hôpitaux, mais nous espérons rapprocher cet horizon en menant des essais cliniques beaucoup plus vastes à partir de l'an prochain", a ajouté Nicholas Turner.