Le père d'Ayana : "La parole d'un seul médecin ne nous suffit pas"

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Le père d'Ayana : "La parole d'un seul médecin ne nous suffit pas"
Un bloc opératoire du CHU d'Angers (photo d'illustration). @ JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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DRAME - Ayana, une petite fille de 7 mois, a été plongée dans un coma artificiel après des convulsions. Ses parents refusent qu'elle soit débranchée. 

Ils ne veulent s'y résoudre. Les parents d'Ayana, une fillette de 7 mois plongée dans le coma au CHU d'Angers après avoir été prise de convulsions, ont engagé un référé contre l'extubation prévue lundi de leur enfant. Dans les colonnes du Parisien dimanche, les parents réaffirment qu'ils n'ont jamais donné leur accord pour débrancher leur fille. 

Un examen décisif dimanche. Un médecin expert désigné par le tribunal administratif de Caen se rendra dimanche au CHU d'Angers pour "déterminer dans quel état est le nourrisson et quelles sont les origines de son état", a indiqué Emmanuel Ludot, l'avocat de la famille. "Nous voulons comprendre quel est exactement son état", confie Jason, le père d'Ayana dans les colonnes du Parisien dimanche. "L'équipe médicale nous dit que ses souffrances s'aggravent. Mais finalement, nous n'en avons aucune certitude. La parole d'un seul médecin ne nous suffit pas". 

Que s'est-il passé ? Dans la nuit du 5 au 6 mai, la petite fille avait été victime d'une forte fièvre, suivie de convulsions, après avoir reçu quelques heures plus tôt, par un médecin de la PMI, une injection de deux vaccins destinés à lutter contre la coqueluche, l'hépatite B, la polio, le tétanos et la diphtérie. "J'ai appelé le Samu, mais ils ont refusé de se déplacer", a indiqué la mère de l'enfant, Julie Pitel. Conduite dans la nuit à l'hôpital d'Alençon, elle sera transférée ensuite au CHU du Mans puis à celui d'Angers. Le lendemain, les parents, âgés tous deux de 22 ans, ont déposé une plainte pour non assistance à personne en danger à la gendarmerie de Sées (Orne), où ils résident.

"Des séquelles neurologiques irréversibles". Soignée depuis 40 jours dans le service de réanimation pédiatrique à Angers, Ayana est plongée dans un coma artificiel, sous ventilation mécanique. Selon Dr Gérald Boussicault, responsable de ce service, "la fillette a des séquelles neurologiques gravissimes, irréversibles, avec un tableau de souffrances, de douleurs, extrêmes". "Au vu de l'évolution des symptômes, nous avons décidé de manière collégiale de ne pas mettre en oeuvre de traitements qui pourraient relever d'une obstination déraisonnable", a expliqué le pédiatre.

Les parents sont-ils revenus sur leur décision ? "Les parents ont été informés de cette décision, on leur a expliqué que c'était médical, en concertation. Ils nous ont répondu qu'ils n'étaient pas prêts à ce que leur enfant décède et qu'ils ne le seraient jamais", a-t-il ajouté. C'est ainsi que la décision d'extubation avait été prise pour lundi prochain, "avec les parents", selon lui. Mais "ceux-ci sont revenus sur leur décision", ajoute-t-il, regrettant d'avoir appris le référé par voie de presse. "C'est faux", conteste Jason, le père d'Ayana dans les colonnes du Parisien dimanche. "Depuis le début, on leur a dit qu'on ne voulait pas qu'elle soit débranchée". C'est donc leur parole contre celle du médecin.