Manuel Valls annonce "un milliard de baisses d'impôts"

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Manuel Valls annonce "un milliard de baisses d'impôts"
Manuel Valls était l'invité d'Europe 1 le 16 mai.
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VIDÉOS - Impôts, entreprises, armée : le Premier ministre était l'invité de Jean-Pierre Elkabbach, vendredi, sur Europe 1.

Invité d'Europe1. Manuel Valls était l'invité d'Europe 1 vendredi matin. Le Premier ministre, qui a succédé fin mars à Jean-Marc Ayrault à Matignon, a répondu aux questions de Jean-Pierre Elkabbach. Voici l'essentiel de ses annonces.

>> FISCALITÉ :

"La mesure que nous allons prendre va permettre à 1,8 million de ménages de sortir de l'impôt sur le revenu. De ne plus être soumis à l'impôt sur le revenu", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls. "Depuis cinq ans, nos concitoyens subissent des augmentations d'impôts. C'est trop", a-t-il détaillé, avant de préciser : "cela n'est pas un geste, c'est un acte au cœur d'une stratégie pour rendre du pouvoir d'achat à nos compatriotes".

"La mesure va bénéficier à plus de 3 millions de ménages. Elle va faire sortir de l'impôt sur le revenu 1,8 million de ménages", a précisé Manuel Valls, avant d'entrer dans le concret. "Pour les Français concernés, l'impôt sera réduit de 350 euros pour un célibataire et de 700 euros pour un couple", a-t-il détaillé, avant de prendre trois exemples : "Un couple de retraités percevant chacun une pension de 1.200 euros verra son impôt passer d'environ 1.000 euros à environ 1.300 euros. Un salarié célibataire au SMIC verra son impôt totalement annulé. Il bénéficiera donc d'une réduction importante au titre de la prime pour l'emploi d'environ 170 euros. Un couple de salariés avec deux enfants et un salaire brut d'environ 3.600 euros par mois à deux verra son impôt annulé alors qu'il est actuellement d'environ 700 euros."

Quand ces mesures entreront-elles en vigueur ? "Ce sera applicable pour octobre, quand on reçoit ses feuilles d'impôt. Ce n'est pas un geste, c'est un acte au cœur d'une stratégie pour rendre du pouvoir d'achat à nos compatriotes".



>> DÉCRET ALSTOM :

"Nous nous sommes dotés d’une arme qui est juste et proportionnée", s'est félicité le Premier ministre Manuel Valls, vendredi matin sur Europe 1, à propos du décret publié jeudi pour que l’État puisse intervenir dans le possible rachat d'Alstom par l'Américain General Electric ou l'Allemand Siemens. "Notre stratégie est de faire en sorte que notre pays, notre économie, notre industrie soient d’avantage attractifs", a assuré

"Et en même temps, un Etat doit être stratège, il doit se protéger : défendre nos intérêts stratégiques dans toute une série de secteurs. C’est vrai pour l’eau, la santé, l’énergie, les transports", a poursuivi le Premier ministre. Avant d'ajouter : "la France est totalement ouverte aux investissements étrangers. Mais on ne peut pas laisser faire et encore moins laisser dépecer nos entreprises".

>> CROISSANCE :

La croissance française a été nulle au premier trimestre 2014. De quoi remettre en cause l'objectif du gouvernement, qui vise 1% de croissance cette année ? "Tous les instituts nous laissent penser que nous atteindrons cet objectif", a assuré Manuel Valls. "Nous sommes sortis de la récession", a poursuivi le Premier ministre, tout en reconnaissant que la croissance était encore "beaucoup trop faible".

Et Manuel Valls de vanter les mérites des actions gouvernementales destinées à stimuler l'économie : "il y a une cohérence de notre politique : le pacte, la réduction des déficits, les mesures de soutien au pouvoir d'achat pour les bas salaires et à travers la baisse des prélèvements obligatoires, et les grandes réformes structurelles sur la transition énergétique et notre millefeuille territorial." Le locataire de Matignon a également insisté sur la nécessité de réduire le train de vie des administrations : "nous avons une dépense publique qui représente 57% de notre produit intérieur brut. Nous ne pouvons plus supporter cela. Il nous faut baisser nos dépenses publiques pour retrouver nos marges".

>> ARMÉE :

L’opposition, Jean-François Copé en tête, assure depuis plusieurs jours que le budget de la Défense va être amputé de deux milliards d’euros, alors que François Hollande a promis à trois reprises qu’il ne bougerait pas. Manuel Valls a démenti les affirmations des ténors de l’UMP. "Ce sont des chiffres tout à fait fantaisistes", a assuré le Premier ministre.

"Une loi de programmation militaire a été votée et elle doit s’appliquer pendant cinq ans. C’est important pour notre souveraineté. Elle reste totalement valable. Cela ne veut pas dire qu’il peut y avoir ici ou là des ajustements. S’il y a des efforts possibles qui ne remettent pas en cause notre capacité à intervenir à l’extérieur et nos industries de Défense, ces efforts seront trouvés, mais le cadre a été défini et il sera respecté." Et de conclure : "c’est un plaisir de travailler avec un président de la République qui prend des engagements devant les Français et qui les tient."



>> NÉGOCIATIONS ORANGE/BOUYGUES :

"Je n'ai pas vocation à commenter des rumeurs qui ont d'ailleurs été démenties par les intéressés."

>> ÉLECTIONS EUROPÉENNES :

"Parce que je suis profondément Français et patriote, je suis profondément européen", a assuré Manuel Valls. "Je me bats dans cette campagne pour qu'au Parlement européen, il y ait une majorité progressiste autour de Martin Schulz."

>> UNE MÉTHODE VALLS ?

"Je n'ai pas besoin de décrire ma méthode et mon style. Il y a un besoin de vérité et ce besoin de vérité, je le tiendrai", a martelé le Premier ministre. Pour lui, "ce qui intéresse les Français, c'est l'efficacité, ce sont les résultats." Manuel Valls a renchérit à travers une anaphore : "Je n'ai qu'un seul objectif : que les Français vivent mieux. Je n'ai qu'un seul objectif : l'intérêt général. Je n'ai qu'un seul objectif : mettre en œuvre les orientations que le président de la République a décidé, redonner du pouvoir d'achat, renforcer notre industrie, renforcer nos PME, soutenir les salariés modestes."

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