Le journal de l'économie d'Axel de Tarlé

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Marionnaud supprime 700 emplois. Les deux tiers des magasins sont touchés. Depuis son rachat par un milliardaire chinois, l'enseigne a toujours été déficitaire.

Marionnaud, c'est l'histoire d'un conte de fée qui a tourné au cauchemar, et malheureusement le cauchemar continue. En tout 17 % des effectifs doivent être supprimés en France. Cela va concerner les deux tiers des 562 parfumeries Marionnaud réparties sur le territoire. Même si -précisons-le - aucune ne va fermer.

A l'origine Marionnaud, c'est une seule boutique, créée par un self made man comme on dit, issu des couches populaires de l'est parisien et qui pour faire plaisir à sa femme se lance dans la parfumerie. L'affaire marche, Marcel Frydman rachète une deuxième parfumerie puis, une troisième pour finir à la tête d'un empire. Mais la société est toujours gérée de façon artisanale. C'est tout juste si la comptabilité n'est pas tenue sur un cahier de texte, au crayon de papier jusqu'à ce qu'on réalise que cette opacité dissimule des magouilles comptables qui feront tomber le patron Marcel Frydman qui sera même plus tard condamné par la justice.

Au bord du dépôt de bilan, Marionnaud est alors racheté, en 2005, par un milliardaire chinois. Mais, visiblement, sans plus de succès ! Là, c'est tout le contraire. On voit arriver des spécialistes du management, débarquer dans les parfumeries. La logistique est entièrement revue. Fini l'ambiance papier, crayon et gomme, les parfumeries sont entièrement informatisées. Mais, ça ne marche pas mieux. La direction incrimine la crise économique, la baisse du nombre de touristes, à Paris notamment.

Les syndicats eux, ont une autre explication. On serait passé d'un excès à l'autre. Après la gestion à l'ancienne des années Frydman, Marionnaud est aujourd'hui géré par des "managers" (avec ce que ça peut avoir comme connotation négative), c'est-à-dire des patrons qui changent tous les ans, et qui ne connaissent rien au monde de la parfumerie.

Il faut dire, en plus, que ce secteur de la parfumerie est assez concurrentiel. Puisque (pas de chance pour Marionnaud), son grand concurrent s'appelle Séphora, filliale de LVMH, l'empire du luxe de Bernard Arnault, qui est tout sauf un débutant dans le secteur. Et donc, c'est sûr, c'est pas forcément évident de se retrouver en compétition avec Bernard Arnault, chez lui, sur son secteur. Sur les trois dernières années, Marionnaud a perdu, en cumulé, quelques 100 millions d'euros.