Le journal de l'économie d'Axel de Tarlé

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Le journal de l'économie d'Axel de Tarlé
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La Sécu explose le compteur avec un déficit de plus de 20 milliards d'euros (le chiffre sera officialisé aujourd'hui par la Commission des Comptes de la Sécurité sociale). Pas d'affolement du côté du gouvernement qui explique que ce déficit historique est dû à la crise. Pas question notamment d'augmenter les impôts pour réduire le déficit.

D'abord, on s'arrête un instant sur ce chiffre : un trou de 20 milliards, pour se faire une idée, c'est l'équivalent de quatre fois le scandale Jérôme Kerviel. Dit autrement, la Sécurité sociale, c'est un Jérôme Kerviel tous les trimestres. Mais, bon, ce week-end, Eric Woerth, le ministre du Budget expliquait qu'il fallait remettre ce déficit historique dans un contexte de crise. Avec la montée du chômage, il y a moins de gens qui travaillent, donc, moins de recettes de cotisation sociale. Et, donc, pas de problème, dès que la croissance repartira, les recettes reviendront. (Même si c'est vrai, il faut faire des économies.)
En attendant, ce problème n'est pas nouveau. Ca fait des années qu'on nous parle du trou de la Sécu et finalement, on vit avec ! La méthode pour vivre avec des déficits, n'est pas très élégante. C'est la technique toute simple de l'ardoise. Il faut savoir qu'on a créé un petit compte spécial, qui s'appelle la Cadès, où chaque année, on inscrit le trou de la Sécu. (Donc, ce sont des notes de médecins, des indemnités chômages, des retraites qui ont été versées... Mais, comme on n'a pas l'argent, on s'endette). A ce jour, la Cadès affiche une dette de 70 milliards. Plus les 20 milliards de cette année, on va s'approcher des 100 milliards à rembourser. Maintenant, il faut payer la Sécu et rembourser cette dette. On voit bien qu'il y a un malaise, car les besoins de financement de la Sécurité sociale vont s'accroître avec l'allongement de la vie.

Justement, Brice Hortefeux, le ministre du Travail, propose de relever l'âge de la retraite. C'est l'une des pistes. De toute façon, soit on joue sur les prestations avec une Sécurité sociale plus économe, soit, on joue sur les recettes, avec de nouvelles taxes. En Allemagne, par exemple, Berlin a relevé d'un point le taux de TVA pour financer la Sécurité sociale. C'est la TVA sociale. De toute façon, vu l'ampleur du déficit, on peut penser qu'il faudra les deux : des économies et des nouvelles taxes. On rappelle que le budget de la Sécurité sociale s'établit déjà à 300 milliards d'euros, c'est-à-dire qu'il est supérieur au budget de l'Etat !