Le journal de l'économie d'Axel de Tarlé

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Le journal de l'économie d'Axel de Tarlé
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Aujourd'hui, si vous envoyez une lettre, la Poste vous promet qu'elle arrivera chez son destinataire le lendemain. Une promesse trop coûteuse et incompatible avec les engagements du Grenelle de l'Environnement. Le courrier n'arriverait plus que deux jours après avoir posté.

Le courrier, désormais devra prendre son temps. Pourtant, la rapidité était jusqu'à présent l'obsession de la Poste qui s'était même fixé comme objectif que 90 % des lettres envoyées arrivent le lendemain chez leur destinataire. C'était la promesse du J+1. Et d'ailleurs la Poste n'en est plus très loin, puisqu'aujourd'hui, on est à 84 % de lettre en J+1. Bravo ! Mais, au fait, est-ce bien nécéssaire ? La Poste a interrogé ses clients, c'est à dire les entreprises. Car, on oublie bien trop souvent que 9O % du courrier en France, émanent des entreprises. Il n'est qu'à voir sa boîte aux lettres : il y a plus de factures que de carte postale d'amis ou de la famille. Or, ces clients (les entreprises) n'ont absolument pas l'obsession du J+1. Au contraire. Il y a presque une hiérarchie maintenant. Pour tout ce qui est urgent, on envoie un email, un sms. En revanche, avec le courrier, on prend son temps. D'où cette proposition d'abandonner le J+1 pour passer au J+2, avec un courrier donc, qui arrive, au plus tard, le surlendemain.

La Poste met également en avant des enjeux environnementaux et financiers pour justifier cette évolution. Si le courrier prend son temps, plus besoin en effet de faire voler des avions de nuit par exemple, des avions polluants et coûteux. Car bien sûr, l'autre avantage est financier. En déstressant ainsi tout le process, on fait des économies qui sont les bienvenues alors que le courrier est une activité en déclin : .- 7 % attendus cette année. Bref, passer en J+ 2, se révèle moins cher, moins polluant et finalement, ça ne dérange personne. En fait,seuls les syndicats protestent. Ils voient là le début d'un renoncement. On commence par abandonner le J+1, et puis demain, on renoncera à la distribution du courrier 6 jours sur sept. C'est dire, donc si cette affaire est moins anodine qu'il n'y paraît avec, d'un côté les tenants de la nécessaire adaptation de la Poste, et de l'autre, ceux qui veulent défendre l'intégrité du service public. Et ce, alors que la distribution de courrier sera entièrement ouverte à la concurrence en 2011. (On pourra choisir l'opérateur de son choix pour envoyer ses lettres).