Le journal de l'économie d'Axel de Tarlé

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La famille Peugeot est prête à abandonner son indépendance. Dans une interview aux Echos, Thierry Peugeot, le président du Conseil de Surveillance de PSA déclare que "la famille Peugeot n'est pas opposée à des rapprochements".

C'est maintenant officiel : "la famille Peugeot n'est pas opposée à des rapprochements", dixit Thierry Peugeot, ce matin dans les Echos. Cela faisait longtemps que l'on dit que Peugeot Citroën devra se résoudre à un grand mariage. Pourquoi ? Hé bien Thierry Peugeot, le dit très clairement dans l'interview : "Il faut passer d'un groupe que j'estime international à un groupe mondial". Car Peugeot réalise l'essentiel de ses ventes en Europe de l'Ouest. Or, les deux grands marchés dans l'automobile sont les Etats-Unis et la Chine. Donc, PSa est aujourd'hui considéré comme trop petit. D'où cette idée de fusionner avec un autre constructeur.

Quels sont les candidats potentiels ? On sait que Fiat a proposé un mariage à Peugeot-Citroën. les Italiens ont proposé de créer un grand groupe : Peugeot-Citroën-Fiat, qui aurait été dirigé par l'actuel patron de Fiat, Sergio Marchionne mais qui aurait eu son siège en France à Paris. Peugeot Citroën a refusé car, c'est vrai, les deux constructeurs se ressemblent trop. Tous deux fabriquent des petites voitures d'entrée de gamme, en Europe. Mieux vaudrait un mariage complémentaire. D'où l'hypothèse d'un mariage avec BMW, qui est évidemment très fort sur le haut de gamme. Autre piste : un mariage avec Mitsubishi au Japon qui offrirait une excellente complémentarité géographique sur le modèle Renault Nissan.

Est-ce que la famille Peugeot ne risque pas de perdre le contrôle à l'occasion d'un grand mariage ? Malheureusement, on peut le craindre même si, comme toujours, on nous parlera de fusion entre égaux. L'arithmétique boursière n'est pas favorable au constructeur français. Aujourd'hui, Peugeot Citroën pèse 5 milliards d'euros en Bourse à comparer avec 6 milliards pour Mitsubishi, 9 milliards pour Fiat et 17 milliards pour BMW. Donc, dans tous les cas, Peugeot Citroën est le petit, celui qui se fait croquer. Et, la famille Peugeot qui détient aujourd'hui 30 % du capital de PSA aura évidemment beaucoup moins d'influence dans un nouvel grand ensemble fusionné. Mais, c'est peut-être le prix à payer pour faire vivre ces deux marques françaises dans le monde entier. Peugeot a annoncé hier soir la sortie pour l'automne, d'un nouveau monospace familal de 5 à 7 places, qui viendra concurrencer le Scenic de Renault. Ce nouveau modèle s'appelera le "5008".