Le journal de l'économie d'Axel de Tarlé

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Le Medef a dévoilé mardi la composition du "comité des sages" qui doit veiller à la juste rémunération des grands patrons. Mais, déjà, beaucoup doutent de sa capacité à agir.

L'objectif du comité des sages, dévoilé mardi par le Medef, est d'éviter tout nouveau scandale sur la rémunération des grands patrons. Plutôt que de voir le gouvernement intervenir avec une loi sur les salaires des PDG. Le Medef a préféré faire sa propre police avec ce comité.

Comité dont on connait, depuis mardi, la liste complète des membres. Pas de panique. On n'a pas mis Besancenot. Non, les grands patrons seront surveillés par des grands patrons ! Les présidents de Sodexo, Air Liquide, Remy Cointreau, tous très compétents et très riches vont maintenant devoir s'assurer que la génération qui suit ne cherche pas à faire fortune un peu trop vite.

Mais, en fait, le problème, c'est que même si ce comité décelait une anomalie. Il ne peut pas s'auto-saisir. Il faut, en effet, que ce soit l'entreprise, elle même, qui prenne la décision de consulter ce comité. Donc, il faut imaginer la démarche : "Bonjour, je crois que nous payons trop notre président. Qu'en pensez vous ?" Bref, on n'a pas fini d'entendre parler de scandales sur la rémunération des grands PDG. Il n'est qu'à voir, malgré la crise, cela continue. Et pas qu'en France. Dernier exemple en date : mardi, avec Shell, le géant anglo-néerlandais du pétrole. La direction s'est octroyée toute la panoplie avec stock-options, bonus et primes à profusion. Et ce, alors que justement, la direction de Shell n'a pas atteint ses objectifs. Mais, ce qui est nouveau dans cette affaire, c'est que mardi, les actionnaires ont dit non. Stop. Trop, c'est trop. La résolution sur la rémunération du comité de direction a été rejetée à 59 % en Assemblée Générale.

Même type de réaction en France. On pourrait le voir le mois prochain chez Valéo, ou les actionnaires pourraient bien invalider les conditions de départ de son ancien président en assemblée générale. De toute façon, il faut un contre-pouvoir. Il n'est qu'à voir même en Suisse, qui ne passe pas pour un pays révolutionnaire : encore ce week-end, un sondage montrait 75 % des Suisses se disent favorables à la limitation des salaires des grands PDG. Et, puis, dans le journal de Christophe Carré, à 7h30, on verra la colère des petits actionnaires de Natixis qui disent avoir été trompés. Mardi, la banque a été l'objet d'une perquisition.