La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Aujourd'hui dans vos quotidiens : les autoroutes, les labos, une odeur de souffre au gouvernement et quatre bachelières ch'tis.

"Racket" ! Le mot figure en toutes lettres dans l’article réquisitoire du Point sur "Le prodigieux magot des autoroutes".

L’enquête reprend quelques vérités assénées par la Cour des comptes sur les pratiques en vigueur au péage, jugées très profitables aux sociétés d’autoroute et "scandaleuses" par l’hebdo. Le prix des trajets complets augmente beaucoup plus vite que le prix des petits trajets (quand on sort de l’autoroute au bout de quelques dizaines de kilomètres) : le pigeon est celui qui effectue un aller-retour annuel (le vacancier), et ne s’aperçoit pas qu’il paye le prix fort ! La progression du chiffre d’affaires des sociétés d’autoroute est spectaculaire en 5 ans : + 20, + 50%. Je n’ai pas bien saisi la logique mathématique, mais Le Point affirme que lorsque l’Etat autorise 2% de hausse des tarifs, le chiffre d’affaires augmente du double. Dominique de Villepin avait choisi en 2006 de privatiser totalement les sociétés d’autoroutes : grosse rentrée d’argent immédiate pour l’Etat, plutôt qu’une rente régulière, le choix fait toujours débat. La privatisation aurait entraîné un resserrement des dépenses (moins de patrouilles, baisse du budget d’entretien…). Beaucoup des anciens ingénieurs des Ponts qui ont fait leur carrière au ministère des Transports ont rejoint les états-majors des sociétés concessionnaires. Pour soigner ses relations avec les politiques, Eiffage a préféré une autre stratégie : faire entrer à son conseil d’administration les élus des territoires traversés par son réseau (Gérard Bailly, sénateur UMP du Jura, ou encore Arnaud Montebourg, président PS de Saône et Loire). Reste que les sociétés d’autoroutes sont dans la ligne de mire de l’Etat. Une réunion interministérielle leur est consacrée à Matignon aujourd’hui. Une contribution financière au plan de relance pourrait leur être demandée, avec le risque qu’elle soit répercutée au péage !

Autre secteur qui ne connait pas la crise : les labos pharmaceutiques pour qui la grippe A constitue une aubaine !

Enquête de La Tribune sur la perspective heureuse d’une pandémie, une recette de 3 à 4 euros par vaccin (Le Parisien, plus alarmiste que jamais, consacre plusieurs pages au plan anti-grippe A dans les banques, le commerce, à l’école, à la SNCF…) pour les labos. On compte sur eux pour fournir le bon vaccin au bon moment. Les labos n’ont pas très bonne presse car Le Figaro les tient en partie responsable des milliards d’euros gaspillés chaque année dans l’achat de médicaments. Les boîtes sont surdimensionnées, grands modèles pour traitement de courte durée. Près d’un médicament remboursé sur deux ne serait pas consommé en France (les médecins et les patients ont leur part de responsabilité).

Petit avertissement pour le secrétaire d’Etat à l’Emploi : il pourrait payer cher l’envolée du chômage, avertit La Tribune à la Une.

En page intérieure, "a pression monte pour Laurent Wauquiez". Le diable se niche dans les détails. Le Canard Enchainé révèle que Christian Estrosi, sarkozyste pur sucre, fraîchement nommé ministre de l’Industrie, a obtenu d’occuper l’appartement de fonction normalement dévolu au secrétaire d’Etat à l’Emploi. "Laurent Wauquiez sera jugé comptable de la dégradation des chiffres du chômage". Il doit s’attendre à payer la dégradation de ses relations avec le Chef de l’Etat, qui n’avait guère apprécié sa charge contre Total lors de l’annonce de suppressions d’emplois. Brice Hortefeux, sarkozyste pur sucre comme Christian Estrosi, peut lui mettre la pression sur les préfets, c’est eux et non lui qui seront jugés comptables de la progression de la délinquance. Autre ministre en vedette ce matin, Nora Berra. La secrétaire d’Etat aux aînés "dans la tourmente", gros titre du Progrès de Lyon qui revient sur les indemnités d’élue qu’elle avait continué à percevoir en plus de celles de la sécurité sociale alors qu’elle était en arrêt maladie. Informations du Canard. 4 jeunes filles en vedette à la Une du Figaro… Ce journal s’interrogeait hier : y a-t-il trop de bacheliers ? Pas dans la famille Brunquet, une incroyable fratrie ch’ti : bac mention très bien pour 4 sœurs, pas toutes cette année. Le Figaro relève que ça se passe non loin de Bergues, starisé dans le film Bienvenue chez les ch’tis, tout près d’Armentières, ville natale de Dany Boon. Qui a dit que ce film avait fait reculer les clichés ? Je lis : "Si les Fleurbaisiens aiment les frites au vinaigre, ils font aussi des enfants intelligents". Peut être que les deux sont liés.