La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Aujourd'hui dans vos quotidiens : les bonus de Wall Street, l'échec de la baisse de la TVA et la garden-party de l'Elysée.

"BAB" pour "bonuses are back" ("les bonus sont de retour") !

De Wall Street à la City, c’est le nouveau sésame pour les traders. L’heure a sonné du retour de la course au cash. L’annonce de mégaprofits (3 milliards et demi de dollars), de salaires mirobolants et de bonus par le géant bancaire américain Goldman Sachs en annonce d’autres : le bal des résultats des grands établissements financier ne fait que commencer. "La crise ? Quelle crise ?", demandent Les Echos. "Wall Street est plus dynamique mais aussi plus cupide que jamais". Les résultats astronomiques de la plus célèbre banque d’affaires américaine (un modèle que certains avaient bien rapidement vu condamné par la crise financière) font la une de La Tribune, du Financial Times. Goldman Sachs, comparé à un vampire par le magazine américain Rolling Stone, a montré sa capacité à gagner à nouveau beaucoup d’argent sur les marchés alors que le chômage grimpe et que la récession sévit. Que sont devenues les promesses de régulation du capitalisme martelées lors du G 20 de Londres ?, demande Libération. Dans La Tribune, Philippe Mabille considère que le retour des profits et des agissements à risque des traders de Golman Sachs sont "un sévère camouflet" pour les gouvernement du G 20. "Un défi supplémentaire pour Barack Obama qui depuis quelque temps semble moins enclin à mettre au pas Wall Street ?", interroge l’éditorialiste du journal économique. La réponse tient sans doute dans cette formule : "Regardez qui a financé sa campagne".

Autre camouflet relevé dans la presse : la baisse de la TVA n’est pas répercutée sur les additions.

Quinze jours après la mise en application du taux de 5,5% dans la restauration, Les Echos constatent que la baisse des prix n’est pas au rendez-vous dans les établissements indépendants (le diagnostic est différent pour les chaînes). Les restaurateurs rechignent à tenir l’engagement pris dans le cadre du "contrat d’avenir". Remplacement de matériel par-ci, embauche d’un employé à mi-temps par-là, légère baisse des prix ailleurs : chaque établissement a défini ses priorités. "Promesse non tenue", déplore Dominique Seux. Pourtant, la mesure va coûter près de 2 milliards et demi à l’Etat. Même si le déficit budgétaire dépassera 120 milliards d’euros, ce n’est pas à négliger. L’appel aux Français pour le grand emprunt, annoncé par Nicolas Sarkozy lors de son discours au Congrès de Versailles, est de plus en plus incertain, selon Le Figaro Economie (mobiliser l’épargne des Français avec un taux avantageux coûterait plus cher à l’Etat que de s’endetter auprès des marchés). Michel Rocard (avec Alain Juppé) a accepté de réfléchir au projet d’emprunt : l’ancien premier ministre socialiste était en pleine forme hier à la garden-party de l’Elysée, rapporte Le Figaro. Il a expliqué à une dame interloquée qu’il se situait "pour le reste toujours dans l’opposition". Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, et Bernard Kouchner ont rivalisé d’amabilité vis-à-vis de Michel Rocard. Le ministre des Affaires étrangères lui a tendu un plateau de petits fours en lançant un ironique : "Vous voyez, parfois, je suis utile" (à lire dans Le Figaro qui dénonce ce matin les trop bons résultats du bac : 86% de réussite : une arnaque, pour Yves Thréard, qui milite pour la sélection à l’université, où échoue un étudiant sur 2 à l’issue de sa 1ère année).

Choses vues et entendues à la garden-party, même si la partie n’a pas été simple pour les journalistes...

L’accès au carré VIP était barré, "comme en boîte de nuit", écrit Le Parisien. Le journaliste de Libération, Antoine Guiral, qui avait obtenu son carton d’invitation in extremis, se venge dans son article piquant : "Chez Disney ou Astérix, on s’agrippe à un Mickey de parade ou un robuste Gaulois pour un cliché. Là, les fans se rabattent sur de vieilles gloires en goguette". "Monsieur Rocard, je peux vous mettre la main sur l’épaule pour la photo ?" Le journaliste écrit encore : Carla Bruni a changé deux fois de "déguisement" dans la matinée, suscitant à chaque fois un flot d’interrogations et débats. Libé est pourtant un journal très attentif à la mode, ses pages font autorité lors des grands défilés de haute couture ou de prêt-à-porter. Libé qui fait par ailleurs sa Une sur le flash-ball. « Arme à bavure », titre ce journal, alors que Le Monde avait la veille dénoncé un "flash scandale". Un journaliste stagiaire du Monde, Adrien Morin, raconte comment il a été placé en garde à vue lors de la manifestation de Montreuil ayant dégénéré. Plaqué au sol, il a eu beau répéter qu’il était journaliste, il a été "envoyé dans une salle de fouille (11 dans une salle de 4 ou 5 mètres carrés)" et "déshabillé, caleçon sur les genoux". Le ministre de l’Intérieur a appelé Le Monde hier soir pour apporter des explications, sinon des excuses.