La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Aujourd'hui dans vos quotidiens les scandales de Silvio Berlusconi et "les dessous des dessous de table".

La presse italienne ne ménage pas Silvio Berlusconi pour ses frasques. Pas de raison que les journaux français soient en retrait. C’est le « bouffon » de l’Europe, clame L’Express : quinze ans de scandales : justice, médias… sexe ! Sexy-gate, renchérit Paris – Match qui nous présente Patrizia, « la femme par qui le scandale arrive »… Non pas la mineure qui reçut le Papounet à sa soirée d’anniversaire, mais l’escort-girl de 42 ans qui a levé le voile sur les soirées « particulières » du président du Conseil italien. Patrizia raconte dans Match (comme elle l’a fait devant le juge) la soirée au palais Grazioli transformé en harem… Ce soir de septembre 2008, le big boss de la péninsule a des envies de dolce vita…
Curieusement, dans les journaux, Silvio Berlusconi n’est pas visible sur la photo de groupe des dirigeants des grandes puissances de la planète réunis à L’Aquila…

Obama-Brown-Sarkozy-Merkel à la une du Figaro (et en page intérieure, si Silvio Berlusconi apparaît, c’est de dos ! Comme s’il fallait ne pas s’infliger son visage toujours recouvert d’une épaisse couche de fond de teint, selon Patrizia)…Même cadrage sur la première page des Echos : pas de Silvio ! Commentaire du Monde dans sa rubrique Economie & Finances : « Les pantalonnades de Silvio Berlusconi transforment cette année le G8 en farce et auraient pu servir d’excuse pour en finir une fois pour toute » (avec ce type de sommet vide et pompeux)…
Le dessin à la une du Monde et signé Plantu représente une femme qui s’avance, en haillons… Malingre, robe rapiécée… Une fausse couronne sur la tête où est écrit le mot « crise ». Il faut absolument changer les habitudes capitalistes, lance t-elle. La réponse de l’homme qui l’accueille un verre de vin à la main, l’air goguenard et libidineux : -Combien ? (C’est Silvio Berlusconi).

Restons dans la prostitution à grande échelle, avec la confession tranquille dans France-Soir du chef présumé d’un réseau européen dont le démantèlement a été annoncé en grande pompe au début du mois par les services de police du Puy-de-Dôme. Ce ressortissant suisse, qui ne veut pas livrer son identité, était à la tête du plus grand réseau européen sur Internet : 1.700 femmes en France, 7.500 en Europe pour un bénéfice mensuel estimé à 3 millions d’euros.Plusieurs personnes qui étaient derrière l’ordinateur ont été arrêtés, mais pas celui que France-Soir présente comme David et qui a repris son activité : le site a été remis en ligne. En photos, des centaines de femmes présentent leurs mensurations et offrent leurs services, pour 200 à 700 euros de l’heure. David, qui s’exprime sur deux pages, se dit fier d’avoir inventé une sorte de Particulier à particulier du sexe : « Internet offre la possibilité à la fille de se libérer de l’anonymat, de la rue et du mec qui la contrôle », explique t-il. « Je ne profite pas des filles, je leur fais de la pub » (c’est avec cette dernière qu’il gagne son argent, car les petites annonces les mieux placées sont payantes…) David vante son Top ten : pour y figurer, la « fille », comme il le répète, va payer 250 euros par mois).
D’autres dessous à la une ?
Enquête de Libération sur "les dessous des dessous de table"… Karachi, Taiwan… Les coulisses des contrats d’armement… A l’heure où les grands de la planète ont les mots « transparence » et « régulation » à la bouche, un secteur y échappe… Mais Libé ne verse pas dans l’angélisme, la corruption est un passage obligé pour l’obtention de grands contrats, et les industriels français ne figurent pas forcément parmi les pires de la planète (la palme de la mauvaise foi revient au Royaume-Uni).
Autres dessous explorés par Le Monde : la guerre entre deux industriels français, Vincent Bolloré et Jacques Dupuydauby, autrefois alliés, aujourd’hui ennemis, pour le contrôle des ports africains. L’industriel breton vient de remporter la dernière manche au Togo… Dans l’article d’une page, le nom de l’avocat Robert Bourgi apparaît immanquablement. monsieur Françafrique, justement , Libé nous propose le portrait de celui qui donne du tonton au président du Sénégal et appelait papa feu Omar Bongo… Entrées à l’Elysée, épais carnet d’adresses, Robert Bourgi ne dédaigne pas s’exposer dans les médias : il a choisi (au risque de se brûler ?) de s’affranchir de la règle d’or édictée par son mentor, Jacques Foccart, le monsieur Françafrique des années gaullistes : « En Afrique, reste dans l’ombre, tu n’attraperas pas de coups de soleil ».