La revue de presse de Michel Grossiord

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La revue de presse de Michel Grossiord
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Remaniement : tous les ministres frissonnent.

Les ministres n’en ont rien dit mais "ils ont senti un frisson leur parcourir l’échine" (c’est ce qu’assure Le Parisien) quand Nicolas Sarkozy a prononcé ces mots lourds de menaces : "le prochain gouvernement".

L’expression ne figurait pas dans son texte écrit, assure Nathalie Schuck. "Il l’a répétée deux fois avec gourmandise, comme pour leur mettre la pression". Plus fort encore qu’un frisson ( faut-il imaginer un spasme, une convulsion ?) ma consoeur évoque "l’effroi" des ministres quand ils ont entendu le mot "remaniement" et non plus "ajustement" ou "réaménagement". "Cela va-t-il être plus large que prévu ?", s’inquiétait un secrétaire d’Etat à la sortie de l’hémicycle. Dans les couloirs du Congrès, on ne parlait que de "ça", assure Le Figaro qui comme Le Parisien cite le nom de la réalisatrice et adjointe de Bertrand Delanoë Yamina Benguigui, figure de la diversité, qui pourrait hériter de la Culture. Un symbole pour succéder à un autre symbole, Rachida Dati ? Cette dernière aura certainement senti aussi un frisson hier en entendant Nicolas Sarkozy dénoncer l’état des prisons françaises, "une honte pour la République".

Le bon mot du jour revient à un député socialiste.

"Grâce à Jack Lang (dont le vote a permis la réforme constitutionnelle) on a deux jours de Fête de la Musique. Hier, c’était guitare, aujourd’hui c’est pipeau". Signé Philippe Martin. Petite phrase rapportée par Libération qui titre sur un autre mot mais voulant dire la même chose : "Le râteau de Versailles". Pour Libé, Nicolas Sarkozy n’a pas convaincu, même à droite. Mais Laurent Joffrin n’est pas si sévère dans son édito : il a entendu un Chef de l’Etat réhabiliter le "modèle français" : "Ce n’est pas le verbe d’une droite obtuse ou caricaturale. Avec constance, ce président de droite occupe le centre de l’échiquier idéologique". Un président de consensus, mais "avec de l’audace", assure Le Figaro. Etienne Mougeotte hisse le discours au niveau des "exhortations kennedystes sur la nouvelle frontière ou du plaidoyer de Chaban-Delmas pour la nouvelle société". Pas le même emballement dans Les Echos : un moment de l’année, pas du quinquennat. Plus solennel que substantiel, pour La Tribune. Un Congrès laissé sur sa faim, avancent Les DNA. Bal masqué à Versailles, attaque L’Humanité pour qui le pragmatisme libéral l’emportera sur le lyrisme généreux. Petit rapporteur, Le Parisien glisse que la belle mère du président, Marisa Bruni-Tedeschi a somnolé pendant le discours. Mais Carla, attentive, a applaudi à plusieurs reprises. Pas de bronca dans les rangs socialistes. Le calme à deux exceptions près. Quand Nicolas Sarkozy a lancé "Je ne réemploierai pas le terme de laicité positive", Jean Glavany s’est écrié : "Tant mieux !" Et quand il a évoqué "les organismes qui ne servent à rien", Bruno Le Roux a lancé : "Comme le gouvernement !" Moment d’hilarité.

Mais les élus socialistes ont fait aussi preuve d’un peu d’humour avec eux - mêmes : "C’est pas la salle des paumés ?!" a lâché un député désabusé, rapportent Les Echos, lorsqu’ils se sont dirigés vers la salle du Jeu de Paume.

Martine Aubry décide d’écrire à tous les militants qui se sentent paumés. Il y a tout juste deux semaines, ses propositions devant le conseil national du PS n’avaient guère soulevé l’enthousiasme ni remobilisé les troupes. La première secrétaire vient d’écrire une missive pour remotiver les militants. Mais elle n’en démord pas : le bilan d’étape depuis le "douloureux" congrès de Reims s’il est loin d’être parfait est "encourageant". Martine Aubry invite les militants à faire leurs propositions, un petit parfum de démocratie participative. Et elle se lancera en septembre dans un tour de France des Fédérations. La Provence est l’un des rares quotidiens à ne pas choisir une manchette politique.

L’OM enfin en ordre de marche, ça vaut bien un gros titre.

Interview de Jean-Claude Dassier, le nouveau patron du club. Les questions comptent autant que les réponses : Marseille est un monde exubérant, excessif. Vous partez un peu dans l’inconnu. Venir ici, c’est une chose, mais y vivre est très différent. Tremble Jean-Claude Dassier. Marseille, ce n’est pas Bagdad quand même ? Le nouveau patron dit "Je dois apprivoiser l’OM". On verra s’il y parvient mieux qu’avec la rédaction de TF1.